Manifestation des enseignants stagiaires à Casablanca
Dimanche 20 mars, Casablanca, centre-ville… Les enseignants stagiaires du Maroc ont organisé leur 4ème grande manifestation en trois mois. Ils ont dit être plus de 10.000, mais ils n’étaient que 3.000 environ à marcher, en blouses blanches. Slogans rageurs contre le gouvernement, mais pas de répression.
« Vole, vole le peuple, et avec ce qu’il reste, achète des matraques… », ou encore « Hassad, tu t’es trompé, les coups ne nous font plus peur »… Ainsi était l’ambiance de cette manifestation, lors de laquelle les jeunes enseignants stagiaires ont reçu le soutien de leurs familles et de plusieurs syndicats et associations. L’AMDH était là à son tour, en plus d’al Adl wal Ihsane.
Laborieusement commencée, la manifestation a grossi au fur et à mesure de l’arrivée des soutiens aux enseignants stagiaires. L’un des membres de la coordination des enseignants a avancé le chiffre de 50.000 marcheurs, mais sans trop y croire. Selon des officiers présents sur place, il n’y aurait pas eu plus de 3.000 à 3.500 manifestants. On pourrait tabler sur un peu plus, mais sans plus…
Six mois après le début de la contestation, force est de constater que le mouvement s’essouffle, mais cela n’en renforce pas pour autant la position du gouvernement Benkirane, ce dernier ayant été copieusement hué voici deux semaines à Oujda. On constatera en effet que la foule a été grossie par les familles des enseignants certes, mais aussi et surtout par les 4 syndicats en conflit avec le gouvernement (pour les retraites), par l’AMDH (pour les droits humains) et par al Adl wal Ihsane (pour tout le reste).
Le gouvernement avait proposé le recrutement des 9.600 enseignants, mais en deux tranches, en août 2016 et janvier 2017, mais dans le cadre des deux décrets contestés (dissociation entre formation et recrutement et baisse de moitié de la bourse). Les étudiants avaient refusé cette proposition, demandant le recrutement en une fois, et le rétablissement de la bourse à son niveau d’avant.
Le chef du gouvernement et son ministre de la Communication avaient laissé entrevoir la possibilité de décréter une année blanche, mais le ministre de l’Education nationale avait repoussé cette éventualité. Le problème reste donc entier.