Maroc/Ban Ki-moon, graves accusations de Rabat contre le SG de l’ONU
L’ambassadeur, représentant permanent du Maroc aux Nations-Unies, Omar Hilale a fait montre d’une grande colère devant ce qu’il a qualifié de « pratiques inacceptables, contraires à l’éthique diplomatique », suite aux derniers rebondissements de l’affaire opposant le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon au Maroc. L’ambiance est plus électrique que jamais et Ban Ki-moon aurait « prémédité » ses actions au Sahara. Que s’est-il passé ?
Ban Ki-moon a adressé une lettre au roi Mohammed VI, mercredi soir, selon les indications du porte-parole onusien Stéphane Dujarric, précisant que le contenu de ce courrier se rapportait au mot « occupation » employé par le SG. Mais cette lettre a entretemps fuité vers des parties prenantes du conflit du Sahara, et c’est ce qu’Omar Hilale a considéré – à juste titre – comme étant contraire à l’éthique. En plus d’autres faits et gestes du patron de l’ONU.
Le diplomate marocain est allé encore plus loin, plus haut et plus fort en affirmant que « nous avons malheureusement constaté que le bureau du porte-parole des Nations unies est instrumentalisé dans une campagne médiatique contre le Maroc ». La charge est violente car elle accuse implicitement le SG de l’ONU de se servir de l’appareil de son organisme dans ce qui apparaît être un conflit personnel avec Rabat.
Omar Hilale a ajouté que les faits et gestes de Ban Ki-moon au Sahara ont été démentis ; il évoquait ainsi l’inclinaison du SG devant le drapeau d’un Etat autoproclamé mais non reconnu par l’ONU, mais il parlait aussi de la visite dans la zone tampon de Bir Lahlou. Il a ainsi invité les observateurs à consulter Youtube, ainsi que le site électronique de l’agence de presse EFE « pour y trouver les preuves que ce que nous avons avancé n’a pas été créé ». Et le diplomate de préciser qu’ « en ce qui concerne Bir Lahlou (...) il y a eu des échanges et des écrits, et nous avons la preuve que ça a été prémédité. Nous disposons aussi de preuves attestant que tout le scénario a été accepté avant que l’hélicoptère ne décolle ».
Accuser le SG de l’ONU d’avoir « prémédité » une action contre un Etat membre est une chose qui est de la plus haute gravité.
Et, de plus, poursuit Omar Hilale, il y a eu « distorsion du mandat de la Minurso et la mention du référendum lors de la visite de Ban Ki-Moon dans la région, alors que le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont cessé d’en parler respectivement depuis 2004 et 2007. Il ne s’agit pas d’avoir des regrets et nous attendons des regrets et des excuses pas seulement sur l’usage d’un mot, mais d’une accumulation de gestes malheureux », a asséné le diplomate marocain.
Ainsi, sans même que l’on n’ait connaissance du contenu de la lettre, la diplomatie marocaine la récuse et va plus loin. En substance, Ban Ki-moon a dépassé les limites de bienséance diplomatique, faisant preuve d’une attitude inamicale, voire hostile, envers le Maroc, et que « cela devrait être géré d’une manière appropriée ».
Puis, avec rudesse, Omar Hilale a enfoncé le coin concernant le poste de liaison de la Minurso à Dakhla indiquant que ledit poste «n’existait pas dès le départ et que les deux militaires qui y étaient logeaient dans un hôtel et se reposaient, malheureusement».
Il semblerait donc que le bras de fer entre Rabat et Ban Ki-moon se durcisse et que ce dernier essaie de s’en sortir, étant entendu aujourd’hui qu’il n’est pas soutenu par les membres du Conseil de sécurité, dont trois des cinq membres permanents, en l’occurrence Etats-Unis, France et Russie, ont adopté une position claire en faveur du Maroc en soulignant leur attachement à la proposition d’autonomie proposée par Rabat voici une dizaine d’années maintenant.