Gouvernement/Syndicats, le bras de fer se poursuit et la marche nationale maintenue pour le 10 avril

Gouvernement/Syndicats, le bras de fer se poursuit et la marche nationale maintenue pour le 10 avril

En parallèle à la question des enseignants stagiaires, un autre dossier encombre encore le bureau du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Il s’agit de celui de la réforme de retraites, pour lequel un bras de fer est engagé entre le gouvernement et les syndicats. Les deux camps ne dialoguent pas, malgré l’insistant des centrales à en discuter dans le cadre du Dialogue social. Le gouvernement souhaite passer en force au parlement.

Il est vrai que le problème des retraites doit être résolu, au plus vite, en raison de la situation cataclysmique des caisses de retraite. Le gouvernement Benkirane a eu certes le courage politique de proposer un plan de sauvetage de ces caisses, mais il a péché par excès d’assurance, par refus de dialogue avec les syndicats. Au parlement, les séances des commissions ne cessent pourtant d’être reportées, essentiellement à la Chambre des Conseillers, où siègent les syndicats.

Par ailleurs, les 5 syndicats que sont la CDT, l’UMT, l’UGMT, la FDT (branche Azzouzi) et le Syndicat national de l’enseignement supérieur ont décidé de reporter leur marche nationale, au 10 avril prochain, une marche annoncée au départ à Casablanca pour le 3 avril. Mais pour sa part, le gouvernement se déclare, par la voix de son porte-parole Mustapha el Khalfi, attaché au dialogue, mais dans le cadre des projets de réforme et au parlement. Ce qui ne résout pas le problème des centrales qui insistent pour, préalablement, discuter des modalités directement avec l’Exécutif.

En gros, le gouvernement veut le dialogue mais pas dans le cadre du Dialogue social, alors que pour les syndicats, tout dialogue ne pourrait passer que dans le cadre du Dialogue, en tant qu'institution...

Que demandent les syndicats ? Selon un de leurs responsables qui s’est confié à PanoraPost, les revendications des représentants des travailleurs s’articulent autour de 54 axes fondamentaux :

1/ Le maintien du départ à la retraite à 60 ans, mais y ajouter une option pour un départ à 65 ans (le gouvernement propose un départ pour tous à 63 ans) ;

2/  Les cotisations de retraite doivent être partagées aux 2/3 par l’Etat, le 1/3 pour les salariés (le gouvernement prévoit 50/50 Etat/salariés) ;

3/ Le maintien du coefficient de calcul de la retraite à 2.5% (le gouvernement préconise 2%) ;

4/ La fixation de la base de calcul de la retraite sur de la moyenne du salaire des trois dernières années (le gouvernement l’avait portée sur les 8 dernières années).

L’invitation faite par Benkirane aux 5 syndicats tombe donc à l’eau et ne semble pas avoir atteint son objectif de les faire renoncer à leur marche. Le gouvernement insiste pour le circuit parlementaire de cette réforme et les syndicats aussi, pour bloquer la discussion en commission. La question est de savoir si, vraiment, le gouvernement et son chef veulent faire passer leur réforme avant les élections.



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