Le ministère de l’Intérieur propose un seuil à 3% pour les élections générales d’octobre
A six mois du scrutin législatif, et alors que les concertations entre le ministère de l’Intérieur et les partis politiques, grands et petits, battent leur plein, le ministère de Mohamed Hassad se jette à l’eau et soumet une proposition, celle d’abaisser le seuil électoral à 3%, au lieu de 6% actuellement.
L’abaissement du seuil électoral profite aux petites formations, et aussi à la démocratie, mais il ne sert pas les intérêts des grands partis qui, arithmétiquement, y perdaient des sièges, même s’ils augmentent leur réservoir d’électeurs. Cette mesure nuit également à la visibilité du champ politique car, au lieu d’une douzaine de partis aujourd’hui représentés à la Chambre des représentants, celle-ci abriterait alors plus d’une vingtaine, ce qui compliquerait la formation d’alliances politiques et les rendrait fragiles, une fois formées.
Les partis politiques opposés à cette mesure sont le PJD et l’Istiqlal, bien évidemment. Grands partis, ou supposés l’être encore, pour l’Istiqlal, ils refusent de baisser le seuil électoral car ils y perdraient des sièges, au profit de petites formations qui accéderaient alors à la Chambre. Et aussi bien Benkirane que Chabat, respectivement SG du PJD et de l’Istiqlal, ne sont sûrs de rallier à eux d’autres chefs de partis.
L’USFP, le PPS et le PAM et, bien évidemment, les partis plus modestes, sont favorables à un seuil abaissé, même si cette dernière formation y perdrait des sièges parlementaires. La raison est qu’Ilyas el Omari se sait et se sent rassembleur et fédérateur, et qu’il pourrait réunir autour de lui, au cas où il s’adjugerait la pole position au soir du 7 octobre, plusieurs autres leaders de partis.