Abdelilah Benkirane tombe le masque et se révèle sous son vrai jour

Abdelilah Benkirane tombe le masque et se révèle sous son vrai jour

Après quelques semaines de silence relatif, le chef du gouvernement, et surtout du PJD, Abdelilah Benkirane a repris son habitude, à savoir ses envolées tonitruantes contre le secrétaire général du PAM Ilyas el Omari, et contre tous ses contempteurs. Celui-ci a eu droit à une volée de qu’il faut bien appeler des insultes et ceux-là ont eu droit aux insultes… Benkirane commencerait-il à s’énerver pour y aller de la sorte contre son rival et ennemi intime, et contre ses détracteurs, qu’il accuse de vénalité ? Verbatim.

Avant de revenir sur les détails de son discours, on doit comprendre que pour M. Benkirane – et c’est très grave – ceux qui sont avec lui sont vertueux, et les autres ont été achetés. Le PJD ne fait pas d’erreurs, selon son chef, et sa modestie et celle de ses membres sont encore et toujours un programme de gouvernement. Benkirane s’oublie et verse dans une posture hégémonique du « pour ou contre nous »… Quand les journaux, selon Benkirane, écrivent bien sur lui, ils sont objectifs, mais quand ils se retournent contre lui, alors ils deviennent des « salauds », des vendus, des marionnettes. Pour Benkirane quand on est avec lui, on réfléchit bien, mais quand on change d’attitude à son égard, on est pis que pendre… Oui, comme ce site, PanoraPost, M. le chef du gouvernement, il avait cru en vous, avant de se rétracter, car vous faites peur !

Puis il s’adresse au peuple marocain, en le tutoyant, en le mettant en garde, en assénant ses vérités, attaquant l’hégémonisme des autres et ce qu’il décrit comme leurs turpitudes… mais oubliant ses errements à lui, ses hésitations, ses dénégations, son autoritarisme masqué derrière une apparente bonhomie… «  Le peuple marocain croit et a cru en nous, malgré votre 2M et vos saloperies, le peuple marocain croit en nous ».

Remarquons que ce discours, supposé fort, n’aura été visionné que par moins de 10.000 personnes, contrairement à ses précédentes diatribes, très suivies par la population. Comme le dit l’orateur,  « le peuple marocain a compris »…

Populisme. Le chef du PJD s’est exprimé sur ces gens qui sont arrivés au pouvoir après le départ du colon, puis qui ont souhaité le garder, pour dominer et aussi pour s’enrichir. Puis, les autres, qui ont pris le chemin inverse, celui des complots et des coups d’Etat et de force, avant qu’ils ne s’aperçoivent que ce n’était pas là la bonne direction. Quant au PJD, selon son chef,il est arrivé au pouvoir après des cataclysmes qui ont emporté des régimes bien établis, « et qui ont même pu avoir raison du nôtre ».

Victimisation. « Les perturbations de l’action gouvernementale n’ont jamais cessé, de la manière la plus abjecte que vous savez tous… Vous en avez suivi les étapes, la sortie de l’Istiqlal etc etc… Les élections de 2015 devaient initialement avoir lieu en 2012, et elles ont été reportées d’année en année… et Dieu seul sait ce qu’ils nous préparaient… ».

Les élections de 2015. « Un Corbeau est venu d’Orient (le chef de la police de Dubaï) et il a prophétisé une défaite cuisante du PJD, mais nous n’avons pas perdu. Ce sont nos adversaires qui sont tombés, et le parti de Si Chabat a compris la grave erreur qu’il avait commise ». Benkirane explique que le PJD et l’Istiqlal sont comme des frères, des frères qui ne peuvent rompre leurs relations. « Nous avons oublié le passé et je peux vous dire que l’alliance qui s’était formée contre nous a été brisée, et c’est le plus grand succès de 2015 ».

Le PAM. « Le fameux parti a été sérieusement défait, et ne croyez pas ce qu’on vous dit sur le fait qu’il est arrivé premier… Qu’est ce qu’il a de si beau pour plaire aux gens, de la ville ou de la campagne ? A-t-il une idéologie connue de tous ? A-t-il des leaders ? A-t-il un discours, des origines ? Il ne date que d’hier… fruit d’un mélange de la part de ceux qui en ont marre d’attendre et qui n’ont pas gouté leurs idées révolutionnaires ni n’ont profité… En 2009, ce parti a remporté les élections en usant de violence verbale, politique et parfois physique, mais le peuple est revenu contre lui. N’ont-ils pas honte, ses chefs ? ».

Le PJD. « Le pouvoir use et quand on est en situation on commet des erreurs, mais les gens ont compris. Nous sommes des gens modestes qui conduisent le gouvernement avec d’autres patris et des gens indépendants. Avant la sortie de Si Mezouar, nous n’avons jamais eu de problèmes au gouvernement »

Les médias. « Il y a plein de médias qui se sont vendus… L’argent est l’arme de nos adversaires… que M. le SG du PAM dise aux gens d’où il a amené les 65 millions de DH avec lesquels il a monté son groupe de presse ». « Les médias qui mentent, comme ce journal abject nommé Assabah qui ment sur mon compte… ou encore ce journal dont le journaliste écrivait avec quelque peu d’objectivité et voilà qu’on titre sur le grand bluff… vous pensez en  avoir fini avec moi, m’avoir usé, et maintenant vous voulez me virer et prendre la place »…

Re le PJD. « Nous sommes un parti clair, avec des comptes et des origines claires, pas un parti qui vent profiter et qui dit à ses électeurs venez aussi pour profiter ». Très délicat pour les 1.300.000 électeurs du PAM, puisque c’est de ce parti qu’il parle…

Re le PAM et re Ilyas el Omari. « L’homme qui dirige ce parti, les hommes d’affaires et le ministres viennent faire la queue devant chez lui, ou plutôt dans cette villa café de Souissi (Villa Mandarine, NDLR). Quand je me rappelle de gens aussi illustres qu’Allal el Fassi, el Ouazzani, Bouabid, Guedira… et moi, à qui je fais face, quelle manque de chance ! Moi, je me suis retrouvé avec des escrocs… des gens qui mentent au petit peuple cultivateur du kif, lui laissant accroire qu’on va décriminaliser cette culture… Le mal (le kif) peut-il apporter du bien ? Les régions du Rif peuvent-elles se développer avec ça (toujours le kif) ».

En quelques mots comme en cent, nous assistons à une véritable mue du chef du gouvernement, qui déclare clairement qu'il n'acceptera pas la défaite aux prochaines élections. Pourquoi ? Parce que les autres sont des fourbes et des escrocs, et que lui, le peuple l'aime et le respecte. C'est dangereux car c'est comme cela que se déclinent les totalitarismes.

Aziz Boucetta

 



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