Dialogue social, une reprise de contact, sans plus, mais l’espoir est permis
Ils sont venus, ils se sont regardés et ils ont même parlé… Eux, ce sont le gouvernement, le patronat et les syndicats, dans un dialogue social interrompu depuis bientôt une année. La réunion a été marquée par la présence des grands jours, avec une dizaine de ministres, dont leur chef, les responsables syndicaux et la présidente de la CGEM Miriem Bensalah Chaqroun. Un round d’échauffement et de reprise du contact…
Outre les représentants des centrales syndicales, il y a avait là les ministres de l’Intérieur (les deux), le porte-parole du gouvernement, le ministre de l’Habitat, des Affaires sociales, de la Fonction publique, des Finances et des Affaires générales. Ils ont écouté leur chef dérouler son argumentaire qui, globalement, est allée dans le sens de la disposition du gouvernement à entendre et examiner les propositions « réalistes qui tiennent compte des équilibres financiers de l'Etat et de la compétitivité de l'économie nationale ».
Quant au patronat, pour la première fois partie prenante du dialogue avec un groupe parlementaire à l’appui, il a exprimé son vœu de voir aboutir une loi organique sur la grève, et des textes sur la flexibilité de l’emploi et l’amendement du Code du travail, qui date de 2002.
Une commission a été instituée à l’issue de cette rencontre, dont l’objectif est d’examiner les points soulevés lors du dialogue social, notamment ce qui se rapporte aux revenus, aux libertés syndicales, à la législation syndicale (notamment la loi organique sur le droit de grève), au dossier des retraites et à l'institutionnalisation du dialogue social. Une première réunion de cette commission est programmée pour la semaine prochaine en vue d’aboutir à des idées pratiques et concrètes, avant la convocation d’un nouveau round « au sommet ». la commission sera donc un prolongement de la rencontre d’aujourd’hui, et elle aura pour mission d’entrer dans les détails.
Mais le gouvernement tient à ce que la priorité soit accordée à la réforme des retraites, les syndicats étant intransigeants sur l’âge de départ à la retraite et sur le calcul des cotisations sur la base des 2/3 pour l’Etat et 1/3 pour les salariés. Les syndicats, par ailleurs, insistent sur l’amélioration de la situation pécuniaire de leurs membres et de la classe ouvrière d’une manière générale, ce à quoi le gouvernement s’opposera, au nom de la rigueur budgétaire.
Les deux parties ont formé le vœu que cette commission se réunisse autant de fois que nécessaire en vue de préparer un nouveau Dialogue social avant la fin du moins, qui serait décisif. Le spectre du 1er mai est présent dans tous les esprits.