Baromètre Averty/TIZI, la popularité de Benkirane en baisse, mais reste élevée

Baromètre Averty/TIZI, la popularité de Benkirane en baisse, mais reste élevée

Selon le dernier Baromètre TIZI/Averty, les Marocains gardent leur confiance au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, même si la popularité de ce dernier s’érode. En effet, si 48,5% des répondants lui gardent leur confiance, ils étaient plus de 60% voici un an, et si la satisfaction pour son action est de 45%, elle était de 54% douze mois avant. En revanche, ils sont 45% à le voir encore à la tête du gouvernement, contre seulement 15% pour Ilyas el Omari.

Cette 5ème édition du Baromètre politique TIZI/Averty a été effectuée  en février/mars 2016, soit sept mois avant le scrutin d’octobre prochain. Cet outil permet de suivre l’évolution la confiance et de la satisfaction des Marocains par rapport à l’action du chef de gouvernement, du gouvernement et de l'opposition. Le sondage a été réalisé par Internet auprès de 1.098 marocains âgés de 18 ans et plus, des deux sexes, répartis dans toutes les régions du Maroc et pouvant s’exprimer en arabe ou en français.

Les résultats de cette année, superposés à l’actualité, confirment ce qui se produit sur la scène politique, avec des cotes de confiance et de satisfaction qui s’érodent suite aux soubresauts gouvernementaux et politiques de ces deniers mois, mais Benkirane continue de faire, seul, la course en tête.

Abdelilah Benkirane…

Une baisse généralisée de la confiance. Malgré sa puissance verbale et son charisme hors du commun (des politiques du moins), le pouvoir use, comme ailleurs. Ainsi, en 2012, le chef du gouvernement caracolait avec une cote de confiance de 80%, mais en 4 ans, cette cote a fondu presque de moitié, pour se fixer à 48,5%, et il en va de même pour le taux de satisfaction, passé en un an de 54 à 45%. Les manifestations de rue en augmentation, les critiques, les sorties désormais de plus en plus mal calculées d’un homme qui semble fatigué, pourraient expliquer cela.

Sur le plan des CSP. Cela étant, un fait confirme les résultats électoraux du 4 septembre dernier… En effet, si « en termes de CSP, la confiance au chef de gouvernement est relativement homogène quelque soit la CSP (entre 45% et 56%) avec toutefois un phénomène nouveau, le niveau de cote de confiance augmente avec le niveau de revenus. C’est, en effet, chez les CSP A et B que la confiance à l’égard du chef du gouvernement est la plus haute, et continue de s’améliorer, atteignant quasiment son plus haut niveau de tout le mandat, passant de 33% en juillet 2014 à 56% en mars 2016 », révèle l’enquête du Baromètre. Cela indique et confirme que le vote PJD est uniquement urbain, et dans les grandes villes où il a remporté les majorités absolues qu’on sait.

Mais la popularité de Benkirane n’est vraiment stable que pour les CSP B et C, soit les classes moyennes. Chez les A, le chef du gouvernement baisse de 13% en un an, et chez les D et E, il plonge de 20 points (passant de respectivement 66%/70% à 47%/50%). Cela signifie que le capital confiance au sein du socle électoral de Benkirane se fissure.

En genre. Les hommes, pris dans leur globalité, croient bien moins en Benkirane en 2016 qu’en 2015. Leur confiance pour lui est passée de 69 à 52 %, le plus mauvais score enregistré jusque-là pour cette catégorie. Chez les femmes, la baisse est moins forte mais descend en dessous du seuil de 50% ; ainsi, la cote de confiance d’Abdelilah Benkirane a régressé de 55 à 45% chez les femmes.

En régions. Au nord du pays, Benkirane tient bon, n’ayant perdu que 5 points en un an. L’arrivée en force d’Ilyas el Omari, homme du nord, risque de changer les choses, et c’est ce qui explique sans doute la réponse virulente du PJD à l’initiative d’el Omari sur le cannabis et la réglementation et l’encadrement de cette culture dans les provinces du Rif. Mais au Centre, dans l’axe Casa/Rabat et dans le sud du pays, la baisse est de 11 points, alors qu’à l’intérieur, la cote de confiance du chef de gouvernement plonge de 28 points, plus forte baisse constatée, tous critères confondue.

En catégorie d’âges. Comme il est attendu, ce sont les séniors qui maintiennent leur confiance à Benkirane ; chez les +55 ans, sa cote de confiance reste stable, à 47% depuis un an. Mais ce sont les jeunes qui causeront du souci au chef du gouvernement. Ainsi, la cote de confiance des 18-35 ans a baissé de 15 points (56% contre 70% il y a un an), et chez les 35-55 ans, elle perd 20 points à 46% contre 66% il y a un an.

Mais, globalement, s’il y a bien rupture de confiance, on peut dire au vu des résultats que près d’un Marocain sur deux continue à penser qu’Abdelilah Benkirane dirige bien son gouvernement (48% en mars 2016 contre 40% il y a un an).

La classe politique en chute libre

Tant l’opposition que le gouvernement se trouvent en délicatesse avec l’opinion publique marocaine. En janvier 2015, ils étaient 51% à faire confiance au champ politique marocain, mais ils ne sont plus que 41%, en mars 2016 à la lui renouveler (-10 points).

Par ailleurs, et même si les sondés estiment ce gouvernement plus efficace que celui d’Abbas  el Fassi, la cote de confiance dans l’actuel cabinet est en baisse de 10 points sur un an (passant de 58% à 48%), même si elle dépasse largement la cote des répondants à l’égard de l’opposition (à seulement 17%).

L’écart de confiance reste important entre le bloc gouvernemental PJD/PPS/MP/RNI (48%) et le bloc de l’opposition PAM/ISTIQLAL/USFP/UC (17%). Selon les sondés, l’opposition a, en un an, beaucoup perdu en visibilité et en crédibilité (-12 points), et également en sérieux.

Les ministres…

Certains gardent la tête au-dessus de l’eau, comme  Aziz Akhannouch, encore en tête (avec un score de 6.2/10), ou Hossein El Ouardi (5.9/10), ou encore Mbarka Bouaida (5.8/10) ou enfin Najib Boulif (5.6/10).

D’autres baissent… Il en va ainsi de Mustapha El Khalfi (-25 points), Lahcen Daoudi (-23 points), Mustapha Ramid (-17 points), Moulay Hafid Alamy (-17 points),

Et d’autres s’effondrent, comme Rachiid Belmokhtar, Salaheddine Mezouar, Hakima El Haîté et Charafat Afailal qui voient leur côte de confiance chuter de 40 points en 1 an.

Qui serait le prochain chef du gouvernement ?

Tout le monde s’accorde à prédire à Abdelilah Benkirane un destin de chef du gouvernement pour les 5 ans à venir, mais cela est de moins en moins évident. La concurrence s’annonce : Ilyas el Omari, avec 15%, monte, mais voilà que surgit, contre toute attente, Nabila Mounib (8%) et que Salaheddine Mezouar s’accroche, avec 5% certes, mais il est là.



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