1er Sommet Maroc-CCG, et le roi y sera
Mercredi 20 avril 2016, se tiendra à Riyad le 1er Sommet d’une nouvelle entité diplomatique, le conseil Maroc-CCG (Conseil de coopération du Golfe). Le roi Mohammed VI y sera, en compagnie des six autres chefs d’Etat des royaume et émirats de la péninsule arabique.
Les choses prennent donc forme, petit à petit. On se souvient qu’en 2011, au plus fort du printemps arabe, les monarchies du Golfe inquiètes avaient proposé une intégration du Maroc et de la Jordanie au CCG (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweit, Bahreïn et Oman). Le Maroc avait poliment décliné, optant pour un partenariat stratégique étoffé. Depuis, ce partenariat est devenu une réalité tangible, avec une présence militaire et sécuritaire marquée de Rabat dans le Golfe et des investissements en croissance des pétrodollars arabes au Maroc.
On apprend aujourd’hui qu’un 1er Sommet Maroc-CCG se tient en Arabie Saoudite. Cela signifie qu’un cadre juridique et institutionnel s’est mis en place pour suivre ce partenariat gagnant-gagnant entre Rabat et les six Etats du Golfe. Le roi Mohammed VI, qui ne s’est pas rendu au Sommet des pays islamiques où les enjeux sont trop flous et l’efficacité diluée, fera le déplacement à Riyad.
Selon un diplomate marocain, depuis quelques années, les pétrodollars trouvent mieux leurs intérêts au Maroc. « Les pays occidentaux sont de plus en plus agressifs à l’égard des monarchies du Golfe, essentiellement Riyad et Doha, qui ont adopté en conséquence une politique de réaffectation de leurs richesses. Le Maroc, pays en développement rapide qui diversifie ses secteurs et en ouvre de nouveaux, est une destination idéale pour ces pétrodollars ».
Selon la même source, le nouveau partenariat stratégique du Maroc avec les Russes peut signifier également que Rabat tiendra un rôle de médiateur entre Moscou et le CCG, la Russie étant désireuse de poser pied dans cette zone d’influence traditionnellement américaine et les pays concernés étant, encore une fois, désireux de se défaire de l’emprise américaine, surtout depuis le rapprochement entre Washington et Téhéran.
Après le Sommet du 20 avril, Mohammed VI fera une tournée dans les capitales du CCG pour passer du multilatéral à une coopération bilatérale plus marquée, car fondée sur ce qui se sera décidé lors de ce Sommet.
AB