Le maire de Rabat devant la police judiciaire pour expliquer son départ à la retraite de Redal
Lundi 25 avril, le maire de Rabat Mohamed Sadiki sera entendu par les enquêteurs de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), à Casablanca, pour son départ à la retraite anticipée de Redal, en 2012 pour raisons de santé. L’affaire avait défrayé la chronique voici quelques semaines, les élus PAM du Conseil de la Ville ayant relevé l’opacité de la procédure. Une affaire juridico-politique s’ouvre donc, à près de 6 mois des élections.
Ce sont les deux ministères de l’Intérieur et des Finances qui ont déposé plainte contre Sadiki, aux fins de connaître et de s’assurer de la légalité des motifs ayant conduit le maire à la retraite. Au départ, le groupe PAM au Conseil de la Ville avait indiqué que l’intéressé avait fourni un faux certificat médical, puis l’avaient accusé de s’être attribué une maladie mentale…
Mohamed Sadiki avait alors répondu à ces mises en accusation, expliquant qu’il n’avait jamais mis les pieds dans un cabinet psychiatrique et que tout cela est une affaire montée de toutes pièces. Mais des documents sont apparus dans les médias attestant que Sadiki avait bien demandé sa mise en réforme, et que son employeur d’alors, la Redal, avait accepté.
Lahcen Omrani, 1er adjoint (PJD) au maire de Rabat, a expliqué à PanoraPost qu’il ne s’agissait pas de maladie mentale : « M. Sadiki souffrait de tension artérielle à cette époque et il avait fait valoir ses droits à une retraite anticipée, pour raison médicale. Il n’y a donc pas de déficience mentale ainsi que l’avaient affirmé les gens du PAM au Conseil de la Ville, pas plus qu’il n’y a d’indemnité de départ à la retraite d’un million de DH ».
Certes, mais comment et pourquoi Sadiki et 90 autres cadres de Redal avaient-ils pu bénéficier de droits à la retraire ? C’est ce que souhaitent savoir les deux ministères, sachant que cela n’arrangera pas les relations entre le PJD et le ministre des Finances Mohamed Boussaïd, après le clash survenu voici trois semaines pour la question des enseignants stagiaires.
Lors d’une conférence de presse tenue dimanche 23 avril dans les locaux du PJD, le maire Sadiki explique que son départ s’était effectué sur proposition du PDG d’alors de Redal par la voie de la « mise en réforme », et il attaque… « Ce n’est pas à l’employé qu’il faut demander des comptes, mais à l’employeur, au ministère et aux organes de contrôle »,assène Mohamed Sadiki, qui insiste sur le fait qu’il n’a jamais présenté de certificat médical. Cependant, la commission médicale de réforme avait établi le 23 mai 2012 un document attestant que « l’état de santé de M. Mohamed Sadiki justifie sa mise en réforme ». Le document est signé par le représentant du ministère de la Santé, du médecin traitant de Sadiki et du médecin du travail de la Redal. De cela, le maire de Rabat n’a pas parlé.
Ce sera donc aux éléments de la BNPJ de clarifier les choses, mais déjà, le PJD hurle à la machination politique et à l’instrumentalisation de cette affaire dans les luttes politiques, indiquant en filigrane le PAM.
On notera cependant que le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane n’a pas dit un mot sur cette affaire, pas plus que les ténors du PJD, laissant penser à un embarras de leur part. En effet, comment laisser un homme « mis en réforme » conduire les affaires d’une ville comme Rabat, capitale du royaume ?