Le Maroc et la Chine se préparent à conclure un partenariat stratégique
Les choses se faisaient, lentement mais sûrement, entre Rabat et Pékin en matière de partenariat stratégique et d’échanges commerciaux. Mais depuis le désormais fameux discours de Mohammed VI à Riyad, devant les leaders du Conseil de coopération du Golfe, le tempo s’accélère.
Ainsi, le 1er Forum d'amitié sino-marocaine s’est tenu les 22 et 23 avril à Rabat, en présence d’une importante délégation économique chinoise, en visite de prospection dans la Région de Rabat-Salé-Kenitra. Une trentaine d’opérateurs économiques étaient là, entamant des travaux de prospection dans la Région et dans le pays.
Il faudra retenir de ce Forum cette remarque de l’ambassadeur de Chine Sun Shuzhong qui a dit que « cette rencontre permettra de raffermir le partenariat économique et stratégique entre les deux pays et de renforcer la présence chinoise en Afrique en positionnant le Maroc comme porte d'entrée sur ce continent, et ce en tirant profit de ses potentialités économiques et civilisationnelles et en matière d'investissement tout en lui permettant d'avoir un positionnement privilégié sur le marché chinois ».
Dans son discours de Riyad, Mohammed VI avait bien spécifié que « le Maroc n’est la chasse gardée de personne », puis il avait critiqué explicitement les pays occidentaux pour leur non-compréhension des problèmes du monde arabe. Le 17 février dernier, le roi avait rencontré à Paris le président Hollande, mais celui-ci n’avait pas compris ce que les Chinois, eux, ont parfaitement saisi. Le Maroc est une porte d’entrée vers l’Afrique, facilitant l’arrivée d’investisseurs vers le Continent noir et en retirant des avantages substantiels dans les pays concernés.
Lors de la visite en France de Mohammed VI, le 17 février dernier, on se rappellera de ces différences entre les deux communiqués français et marocain.
Le palais de l’Elysée. « Les deux chefs d’État ont salué le bon avancement des chantiers bilatéraux, en particulier en matière économique et culturelle. Ils se sont félicités de l’étroitesse de la coopération dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale, et ont examiné de nouvelles pistes de coopération renforcées dans ce domaine ».
Le palais royal. « Les deux chefs d’Etat ont salué le bon avancement des chantiers engagés, en particulier en matière économique et culturelle. Ils se sont également félicités de l’étroitesse de la coopération dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale et ont examiné de nouvelles pistes de coopération renforcées, notamment dans le domaine de la sécurité, de la dé-radicalisation, de la culture, du vivre-ensemble et de la coopération triangulaire en Afrique ».
Contrairement à la Chine, la France semble être dans une sorte de déni de reconnaissance du rôle désormais acquis et reconnu du Maroc comme plaque tournante vers l’Afrique. On notera le silence à ce propos du communiqué de l’Elysée, qui s’est arrêté à la coopération sécuritaire.
On rappellera aussi cette déclaration de Mohammed VI à Riyad : « Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République populaire de Chine, où nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut ».
Le Maroc n’est donc la chasse gardée de personne, mais il aspire à devenir le garde-chasse des investisseurs en Afrique.