Dialogue social ou dialogue de sourds ?
Le Dialogue social a été repris le 12 avril, après près d’un an d’interruption. Les trois acteurs de cette instance étaient là (gouvernement, patronat et syndicats) et avaient convenu de se retrouver pour faire avancer leurs revendications. C’était lundi 25 avril, mais il semblerait que le dialogue tourne au dialogue de sourds entre le gouvernement et les syndicats…
Ainsi, le gouvernement a proposé à ses interlocuteurs syndicaux une batterie de mesures, mais qui ne répondent pas nécessairement à leurs revendications : la hausse, sur trois ans, de la pension minimale de la retraite de 1.000 DH à 1.500 DH, l’augmentation des allocations familiales de 200 à 300 DH pour les trois premiers enfants (les syndicats proposent de les porter à 400 DH ou au moins à généraliser les 300 DH à tous les enfants), l’augmentation de la prime à la naissance de 150 à 500 DH, la hausse des indemnités de maternité de 150 à 500 DH et l’examen d’une révision de l’impôt sur le revenu.
Mais cela, pour louable qu’il soit, n’emporte pas l’adhésion et encore moins l’enthousiasme des syndicats, qui y voient des mesures « cosmétiques ». En effet, ces derniers ont deux demandes phares, en l’occurrence une augmentation salariale de 600 DH pour compenser l’augmentation des prix, et les retraites. Concernant ce dossier, les centrales demandent de répartir la cotisation à la retraite à raison de 2/3 Etat et 1/3 salarié (au lieu de la parité actuellement sur la table), de proposer un départ à la retraite volontaire à 62 ans avec maintien de la règle des 60 ans, et le changement de la gouvernance des caisses de retraite, qui seraient fondues en une seule.
Le gouvernement n’est pas disposé à aller dans ce sens, pour des raisons d’équilibres macroéconomiques. Et cela nous conduira vers un 1er mai chaud, à quelques mois des élections législatives, surtout que le gouvernement ne répond pas vraiment à cette double revendication, non financière, des centrales sur les libertés syndicales et l’institutionnalisation du Dialogue social.