Hassad attaque durement le Département d’Etat et le menace de poursuites aux Etats-Unis

Hassad attaque durement le Département d’Etat et le menace de poursuites aux Etats-Unis

Le Maroc ne veut plus rien laisser passer aux Etats-Unis, et il entend bien que cela se sache. Et cela se sait désormais. Après l’attaque directe de la diplomatie marocaine contre la position américaine sur l’affaire du Sahara à l’ONU, c’est au tour du ministre de l’Intérieur de s’en prendre aux Etats-Unis. Suite au rapport sur les droits de l’Homme dans le monde établi par le Département d’Etat en avril, Mohammed Hassad attaque. Frontalement.

Cela commence ainsi… « Le ministère de l’Intérieur annonce ce mardi 17 mai que le dernier rapport du ministère américain des Affaires étrangères sur les droits de l’Homme au Maroc est diffamatoire, réellement diffamatoire en cela qu’il passe de l’approximation d’une information à son invention pure et simple, qu’il passe également de l’évaluation douteuse au ‘mensonge’ caractérisé. Le ministère annonce donc que le Maroc se voit contraint et obligé d’avoir recours à tous moyens possibles pour dénoncer les dérapages de ce rapport ». L’attaque est rude, directe.

Le Maroc disposé à coopérer, et il coopère, mais…

Le communiqué du département de Hassad ajoute que depuis des années, le gouvernement du Maroc ne cesse d’attirer l’attention des autorités américaines sur le fait que « les rapports de sa diplomatie sur les droits de l’Homme au Maroc manquent de précision, se montrent partiaux et fort éloignés de la vérité ». Pourquoi ? Parce que, explique le ministère, «  les sources exclusives évoquées sont généralement ou non crédibles ou politiquement hostiles ; de fait, les informations obtenues sont peu précises, ou fausses, et les conséquences tirées de tout cela hâtives et excessives, faisant la part belle à des faits isolés ».

Le ministère poursuit que « le Maroc, sûr de son modèle sociétal tel qu’il a été décliné et tel qu’il est mis en œuvre par et pour les Marocains, et qui n’accepte de recevoir de leçons de personne, ne ressent aucun embarras face à la critique constructive ou au reproche argumenté et objectif ».

La suite est encore plus dure… « Le Maroc ne saurait accepter l’invention de faits imaginaires et la fabrication d’autres, de même qu’il ne pourrait tolérer ces actes douteux animés par des considérations politiques obscures ».

Pour cela, indique le communiqué, plusieurs réunions se sont tenues entre le ministre Hassad et l’ambassadeur US Dwight Bush ; les cas ont été pris et examinés individuellement et des preuves ont été apportées qu’aucune des situations rapportées par le Département d’Etat ne repose sur des preuves fondées.

Questions sur les sources, marocaines, de ces rapports…

Le communiqué ajoute que  « le ministère a démontré par la preuve et l’argument au diplomate américain que plusieurs des cas recensés sont dépassés et malgré cela des explications ont été données. Et donc, la succession de ces cas, sur la base d’une méthodologie peu précise et mystificatrice, montre que le Maroc est pris pour cible, fortuitement, ce qui conduit à se poser des questions.

Quelle crédibilité accorder à un rapport rédigé par des bureaucrates à Washington, loin des réalités marocaines ?

Quel fondement accorder à ce même rapport alors qu’il entre en contradiction avec les conclusions d’organismes officiels américains autrement plus crédibles et plus informés des réalités ?

Quel crédit conférer, toujours à ce rapport, alors qu’il se base sur des documents remis à ces fonctionnaires US par des individus sans crédibilité ou à une poignée de Marocains connus depuis des années pour leur hostilité au régime actuel dans le pays ? ».

On apprend également que le Maroc a engagé un dialogue unique dans la région avec les Etats-Unis, depuis 2006, et a présenté les explications requises, bien que rien ne l’oblige à se justifier auprès d’une puissance étrangère. Ces dialogues annuels devaient dissiper tous les doutes sur des violations des droits de l’Homme au Maroc, mais « aujourd’hui, il est devenu légitime de remettre en question l’opportunité et l’efficience de ces rencontres car le rapport n’est malheureusement plus vraiment un moyen de communication du Congrès mais un atout politique placé entre des mains aussi peu rigoureuses que subjectives », précise Hassad.

Que faire ?                                                                             

Le ministère explique que le Maroc a produit les preuves nécessaires depuis des années, mais qu’il n’a jamais reçu de réponse claire… Il affirme que le Maroc ne veut plus de réponses vagues et vaseuses mais précises et fermes… Et, enfin, le Maroc, face au préjudice qu’il  subi, est disposé à aller devant les instances suprêmes de toutes les institutions américaines pour être restauré dans son bon droit.

Rabat est-il donc disposé à saisir la Cour suprême américaine ? La Maison Blanche ? Peu crédible pour cette dernière, en plein blocage en raison des élections, et hostile du fait de la présence de Susan Rice, conseillère nationale à la sécurité.il ne reste que la Cour suprême, qui pourrait connaître d’un litige de ce type. Mais cela serait une première et il ne reste qu’à espérer que les décideurs ont assez d’informations, que nous ignorons, qui leur permettraient de croiser le fer avec le puissant département d’Etat. On peut penser que oui.



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