Une jeune fille « jugée » et tondue sur le campus de Meknès par des radicaux de gauche
Mardi 17 mai, campus universitaire de Meknès, une chose incroyable se produit. Des étudiants organisent un « procès » contre une employée de la cantine du campus, la « jugent », la « condamnent », et exécutent leur « sentence ». Que s’est-il passé ?
C’était donc mardi dernier. Un groupe d’étudiants, qu’on a présenté comme des militants de gauche radicaux, s’en prennent à une jeune fille, qu’ils accusent d’être une indicatrice de la police (ou de la mouvance amazigh) au sein du campus. Ils la conduisent alors au milieu du campus et entreprennent de la juger, selon plusieurs témoignages concordants.
Les avis divergent alors sur le sort à lui réserver, témoigne-t-elle elle-même devant nos confrères d’Alyaoum24. Certains proposent l’amputation des deux mains, mais d’autres se limitent à la tonte de ses cheveux et de ses sourcils. L’option est retenue par le groupe, qui agit devant un grand nombre d’étudiants. Et la « sentence » est immédiatement exécutée, par la violence bien entendu. Cela rappelle le sort réservé par les communistes français au lendemain de la libération de Paris, quand ils tondaient les cheveux des femmes accusés d’avoir eu des relations avec les Allemands de la Wehrmacht.
La victime, sans cheveux ni sourcils, est alors entendue longtemps par les enquêteurs de la préfecture de police de la ville.
Ce qu’on sait de manière sûre, en réalité, est ce qui s’est produit, mais des mobiles ou raisons des agresseurs, on ne sait rien non plus, et la jeune fille ne semble pas être très claire là-dessus elle non plus. Cela n’enlève rien aux faits et à leur cruelle réalité, à la passivité des témoins de la scène et à l’absence de la police durant cette scène.
Cela étant, une source policière nous a confirmé que les agresseurs, dont deux ont été arrêtés et vont être déférés devant la justice en état d’arrestation (d’autres étant encore activement recherchés), accusaient la jeune fille d’être une informatrice de la mouvance amazigh (!!), mais que suite à leur interrogatoire, ils ont changé leur version en disant aux policiers que la victime était une indicatrice… de la police !
Notre source explique aussi que la plus grande fermeté sera observée contre les agresseurs. Mais pourquoi la police n’est-elle pas intervenue, vu que la scène a duré pendant une demi-heure, devant plusieurs étudiants témoins ? « La police ne peut entrer sur un campus universitaire, mais en cas de crime ou de flagrant délit, nous intervenons bien évidemment… sauf que personne ne nous a appelés, les témoins, ayant pris la chose à la rigolade, n’ont pas pensé à nous appeler ». Notre source est catégorique:« De la même manière que le caïd de la région de Benslimane qui avait tondu un jeune homme qui s'était ensuite pendu avait été révoqué et incarcéré, les agresseurs de cette jeune fille resteront en prison jusqu'à être présentés au parquet ».
Dans l’intervalle, l’association Bayt al-Hikma, aussi indignée que notre contact policier, est montée au créneau pour dénoncer les faits, et s’élever avec la dernière vigueur contre ces agissements, réclamant « l’ouverture d’une enquête, la poursuite judiciaire des criminels auteurs de cet acte abject et leur condamnation ».
On apprend également qu’une députée de la ville de Meknès posera incessamment une question au parlement, dans le cadre d’une demande d’informations adressée au ministre de l’Intérieur, ou de la Justice. Nous avons à plusieurs reprises tenté de joindre le maire de la ville, le PJD Abdallah Bouanou, qui n'a pas répondu à nos différentes sollicitations.