Crise Etats-Unis/Maroc, excuses ou pas de l’ambassade US ?
Dans le désormais fameux rapport du Département d’Etat américain sur la situation des droits de l’Homme au Maroc et qui a envenimé (encore plus) les relations entre Rabat et Washington, un cas avait été cité, impliquant le patron de la DGSN et de la DST Abdellatif Hammouchi dans une affaire en justice contre un journaliste marocain. Or, Hammouchi n’était pas encore chef de la police à la date des faits. Des excuses auraient été présentées aux autorités marocaines par l’ambassade, mais rien d’officiel.
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères cite en effet le cas de Hamid Mahdaoui : « Selon le rapport du Département d’Etat américain, le 29 juin, un tribunal de Casablanca a condamné Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef du site web d’informations BADIL, à une peine de quatre mois de prison avec sursis, pour diffamation du chef de la direction générale de la sureté nationale, Abdellatif Hammouchi. Or, les faits rapportés par le rapport n’ont fait l’objet d’aucune vérification, démontrant ainsi la négligence, voire la mauvaise foi des rédacteurs. Car, M. Hammouchi n’était pas encore en charge de la DGSN au moment des faits allégués contre lui. En fait, la DGSN, dont le Directeur Général de l’époque était M. Bouchaib Rmil, avait déposé, le 5 juin 2014, une plainte à l’encontre de M. Mehdaoui, pour "outrage à travers la déclaration d’un crime dont il connait l’inexistence", "outrage à corps organisé" et "dénonciation calomnieuse" ».
Selon plusieurs médias qui ont contacté la chancellerie de la représentation US, celle-ci a présenté ses excuses, Hespress parlant même d’un communiqué en sa possession. Or, rien d’officiel n’a encore été indiqué par l’agence MAP. Et même dans ces « excuses » émises par l’ambassade, rien n’a été dit sur les autres cas cités par le Département d’Etat.Le Desk précise que l'ambassade a précisé à l'un de ses journalistes qu' « une erreur regrettable s'est glissée dans ledit rapport à propos du cas du journaliste Hamid Mahdaoui. Il ne s'agit nullement de poursuites entamées à son encontre par M. Abdellatif Hammouchi, directeur de la DGSN et de la DGST. L'ambassade des Etats-Unis présente par conséquent ses excuses aux parties concernées au nom du Département d'Etat ».
Tout cela indique une certaine confusion au niveau de l’ambassade, qui semble « abandonnée » par le ministère américain dans ses discussions avec le Maroc, et qui a dû se résoudre à essayer de calmer les esprits locaux. Cela étant, rien ne devrait changer ni faire infléchir la position de l’Etat marocain, très en colère pour ce qu’il considère être une attaque inamicale de la part d’un pays supposé ami.
Et il apparaît très clair que les Américains n’iront pas plus loin dans leurs excuses au Maroc. L’Oncle Sam n’a pas pour habitude de battre sa coulpe aussi facilement face à une colère d’un pays qui n’accepte pas ses critiques sur les droits de l’Homme. Mais, d’un autre côté, et selon le raisonnement mathématique, un seul contre-exemple est suffisant pour affaiblir l’ensemble de l’argumentaire. Cela ne dédouane pas pour autant le Maroc de plusieurs reproches, sur les manifestations, sur la liberté de presse, sur l’existence de cas de torture, même isolés, même (bien) plus rares qu’avant…