Quatre autres étudiants arrêtés pour l’agression de la jeune fille à l’université de Meknès
L’affaire prend de plus en plus d’ampleur… Cette semaine, la jeune Chaimae, employée à la cantine du campus de l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, a été « jugée », « condamnée » lors d’un « procès » expéditif, et ses cheveux et sourcils tondus. PanoraPost avait contacté une source policière qui lui avait confirmé l’arrestation de deux jeunes hommes et, dans la soirée du 20 mai, un communiqué de la DGSN précisait que 4 autres personnes avaient été appréhendées suite à cette affaire.
Une jeune femme de 24 ans a également été arrêtée, soupçonnée d’avoir recommandé la tonte des cheveux et des sourcils de Chaimae. Les 6 jeunes personnes sont donc en détention provisoire, en attendant d’être déférées devant la justice. Selon une source judiciaire contactée par PanoraPost, les 6 personnes devront répondre de cette agression sauvage et il est fort possible que des peines de prison ferme soient requises contre elles.
Dans l’intervalle, la levée de boucliers contre ces actes se renforce. Après la réaction virulente de Bayt al-Hikma, c’est au tour du PAM de monter au créneau pour dénoncer « cet acte criminel qui porte un coup aux valeurs de tolérance et de dialogue qui ont de tous temps caractérisé la société marocaine ». Le PAM réclame l’ouverture d’une enquête et s’inquiète face à la recrudescence de la violence sur les campus universitaires, demandant une politique globale pour y mettre un terme.
Du côté de la mouvance islamiste, le Forum Azzahrae pour la défense des femmes (proche du PJD) s’est à son tour insurgé contre cette agression, demandant à son tour la condamnation de l’acte et de ses auteurs. Et la ministre déléguée à l’Enseignement supérieur et membre dirigeante du PJD Jamila Moussali a aussi saisi cette occasion pour récuser ces agissements. Le ministère a tenu une réunion ce jeudi 20 mai avec le président de l’Université Moulay Ismaïl et ses adjoints pour convenir de la marche à suivre suite à cette affaire.
Ce qui est plus grave dans cette agression est, selon notre source policière, que les étudiants qui assistaient à la scène avaient pris cela pour un jeu et riaient, aucun d’eux n’ayant pensé à avertir immédiatement la police. C’est donc vers une sensibilisation contre la violence à l’université que devraient aller et s’atteler les autorités publiques, dans l’attente du jugement, et sans doute de la sévère condamnation, des auteurs de l’agression de Chaimae.