Le Conseil diplomatique catalan pointe la faible participation et le vote blanc aux élections législatives
En invitant des observateurs étrangers pour suivre le déroulement de l’opération électorale au Maroc, le 7 octobre dernier, les Marocains n’avaient pas prévu certaines remarques. En effet, l’un des organismes invités sur notre sol, le Conseil de diplomatie publique de Catalogne, ou Diplocat, a relevé le faible taux de participation et aussi le problème de la non-comptabilisation du vote blanc..
C’est la question que tout le monde se pose à chaque scrutin au Maroc. Pourquoi maintenir les listes électorales et ne pas ouvrir le droit de voter à tout Marocain titulaire de sa carte d’identité nationale ? Un ancien ministre de l’Intérieur avait apporté son explication, selon laquelle de toutes les manières, seuls 6 à 8 millions de Marocains iraient voter le jour dit. Aussi, si le corps électoral est de 15 millions de personnes, le taux de participation sera de 45 à 55% ; mais si tous les Marocains en âge de voter peuvent le faire, soit environ 28 millions de personnes, ce taux sera compris entre 21 et 28%. Et c’est ce que veut éviter le pouvoir marocain, à savoir donner une image décrédibilisée des élections au Maroc, avec des institutions peu légitimes.
Or, le Diplocat n‘a pas dit autre chose dans son rapport, malgré les 43,4% de taux de participation de cette année. Dans son compte-rendu préliminaire de mission, l’organisme catalan indique qu’ « outre que le fait que seules 15 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, soit bien moins que la population avec droit de vote, le faible taux de participation demeure l'une des principales lacunes, en particulier chez les jeunes électeurs », précisant en plus que « le taux de participation reste toujours un des soucis les plus importants. Premièrement, la liste des électeurs est un faible reflet du véritable corps électoral. Deuxièmement, le taux de participation réel reste bas, surtout parmi les électeurs les plus jeunes. Nous souhaiterions souligner le besoin d'approfondir et d´améliorer cet aspect afin de garantir une démocratie vraiment inclusive ». Ce qui est vrai…
En second lieu, parmi plusieurs autres observations qui ne remettent par ailleurs aucunement en doute la régularité de l’opération, électorale, Diplocat appelle les autorités marocaines à revoir « le traitement juridique accordé à certains votes. En premier lieu, l'assimilation entre votes blancs et votes nuls pourrait être réévaluée. Si les premiers reflétaient une expression politique pleinement valide du point de vue juridique, nous pourrions mieux connaitre la volonté réelle du peuple marocain et obtenir un taux final de votes nuls plus bas ». Cela fait également partie des revendications de plusieurs franges de la société civile marocaine car la non-comptabilisation du vote blanc favorise en quelque sorte l’abstentionnisme.
L’organisme catalan estime tout de même que « en tant qu´observateurs de la mission du Conseil de Diplomatie Publique de Catalogne, nous avons visité 59 Bureaux de Vote (BdV) pendant la journée électorale du 7 octobre dans les régions de Rabat-Salé-Kenitra et Tanger-Tetouan-Al Hoceïma, ayant pu observer l'ouverture, le vote, la clôture, le recensement et le dépouillement dans les BdV, les bureaux centralisateurs et les commissions de recensement. Le déroulement de la journée a été évalué Très Bonne ou Bonne par 91,6% des cas ».
En termes scolaires, on peut dire que ce rapport – dont les conclusions rejoignent celles d’autres observateurs – peut se résumer par cette mention qu’en démocratie, le Maroc est « en nette progression, mais des efforts peuvent et doivent encore être consentis ».