Le ministère de l’Education réagit à l’annonce des 200 établissements scolaires fermés depuis 2008

Le ministère de l’Education réagit à l’annonce des 200 établissements scolaires fermés depuis 2008

Mercredi 19 octobre, les médias et les réseaux se sont enflammés suite à l’annonce d’un chiffre inquiétant, en l’occurrence 200 établissements scolaires qui ont été fermés par le Ministère de l’Education nationale (MEN) depuis 2008. Contacté par notre rédaction, le département (encore) dirigé par Rachid Belmokhtar reconnaît le chiffre mais apporte ses précisions.

Ainsi, on apprend que le fonctionnement du ministère pour les établissements à ouvrir ou à fermer est basé sur une carte scolaire. Celle-ci intègre ce qu’on appelle la « mutation démographique »  qui conduit les autorités compétentes à fermer certains établissements en raison d’une baisse de la demande scolaire.

Plus clairement, une école, un collège ou encore un lycée ouvert dans un quartier (essentiellement urbain) saturé sur le plan du logement, répond à la demande scolaire de la population de ce quartier. Mais avec le temps, les enfants grandissent, obtiennent leur bac et vont poursuivre leurs études ailleurs et ne reviennent pas s’installer nécessairement dans leur quartier d’enfance. Il reste donc peu d’élèves pour un établissement conçu pour un bien plus grand nombre. Le ministère prend alors la décision de le fermer, et d’en ouvrir un autre à la place dans un quartier nouveau, où les ménages sont encore jeunes et leurs enfants aussi.

Il y a donc une centaine d’établissements qui entrent dans ce cas. Les 100 autres écoles, collèges ou lycées fermés l’ont été en raison de travaux d’aménagements ou de réhabilitation rendus nécessaires par les outrages du temps et de l’usage. La considération ici est donc la sécurité des jeunes et du corps pédagogique et administratif.

L’information rapportée par les médias, et dont la source est une association d’élèves et d’étudiants, porte également sur le transfert de la propriété de ces terrains au privé, scolaire ou activité immobilière. La direction de la communication du MEN est formelle : « Le MEN n’est pas propriétaire du foncier. C’est l’Administration des Domaines de l’Etat qui possède ces terrains, et une fois que le ministère décide de fermer un établissement scolaire, l’usage du terrain est du ressort de cette Administration ».

Le problème, donc, des sureffectifs n’est pas dû à l’infrastructure, mais aux ressources humaines, avec plus d’élèves chaque année. De l’année scolaire 2015-2016 à celle 2016-2017, il y a en effet eu 224.000 apprenants supplémentaires à arriver dans les établissements du MEN. En face, près de 20.000 salles de cours ont été créées et 166 établissements des trois niveaux de scolarité ont été construits.

Mais le manque d’une dizaine de milliers d’enseignants correspond aux effectifs qui ont alimenté la chronique l’année passée, en l’occurrence les quelques 9.900 enseignants stagiaires qui n’ont pas encore fini leur formation à ce jour. Par ailleurs, le véritable problème de l’éducation nationale relève, en plus des ressources humaines, de curricula proposés et de la vision stratégique de l’enseignement national, en faillite, et qui tardent à être réformés.

Aziz Boucetta



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