Le roi Mohammed VI convient d’une visite en Ethiopie dès la fin de la COP 22
Le roi Mohammed VI a eu en début de semaine un entretien téléphonique avec le Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn, qui a tourné autour de la prochaine visite du souverain dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Il a été convenu que cette visite aura lieu aussitôt après la COP22 qui doit se tenir à Marrakech du 7 au 18 novembre prochains.
La visite de Mohammed VI à Addis Abeba était programmée juste après celle effectuée en Tanzanie, la semaine dernière, mais elle a été reportée au dernier moment, le roi décidant de prolonger son séjour tanzanien par une visite privée.
Lors de cet entretien, il a été convenu d’assurer la meilleure préparation possible à ce voyage, en vue d’en faire une « une phase fondamentale dans le renforcement du partenariat économique bilatéral », indique le communiqué du palais royal. La logique reste donc la même : aller en Afrique, en dehors des Etats traditionnellement amis du Maroc, et nouer des alliances économiques, signer des conventions et des partenariats, et laisser la politique venir en conséquence naturelle de relations économiques privilégiées.
L’Ethiopie est un pays qui compte 100 millions d’habitants, dirigé par le Premier ministre Haile Mariam Dessalegn (le président ayant un rôle honorifique et protocolaire), et où les musulmans représentent un peu moins de la population. Après plusieurs famines et une forte récession économique dans les années 90, l’Ethiopie affiche aujourd’hui une bonne santé économique, avec un taux de croissance à deux chiffres dans la première décade du 21ème siècle, et en 2009, le magazine britannique d'économie The Economist avait même prévu la cinquième plus forte croissance mondiale en Éthiopie pour 2010. Le PIB national est passé de 32 milliards de $ en 2011 à 43 milliards en 2012, puis 47 milliards en 2013, 55 en 2014 et 63 en 2015, doublant ainsi en 5 ans !
En matière d’économie, le Maroc peut apporter son soutien à l’Ethiopie, dans le cadre de la coopération sud-sud, dans les domaines des infrastructures et des télécommunications, où le réseau est l’un des moins développés au monde. Quant à l’agriculture, dont dépend 60% du PIB, elle reste soumise aux aléas climatiques et à la dégradation des sols. Mais l’OCP est là, pour intervenir au besoin et à la demande. En matière de logement, 90% de la population est encore rurale, mais la force démographique et l’exode rural font peser une pression sur le secteur de la promotion. On voit donc se profiler à l’horizon les Addoha, Groupe Palmeraie Développement et d’autres…
L’Ethiopie serait d’autant favorable à une arrivée des Marocains que les mouvements de contestation sociale, qui ont conduit le gouvernement à décréter un état d’urgence pour 6 mois, ont fait fuir plusieurs investisseurs. C’est même sans doute en raison de cet état d’urgence et de manifestations aux portes de la capitale qui ont retardé la visite du roi Mohammed VI.
Enfin, l’Ethiopie est l’un des soutiens du Polisario en Afrique, héritage d l’ère du dictateur Mengistu Mariam, et c’est sur ses terres que se tiendra le prochain Sommet de l’Union africaine en janvier 2017, où le roi devrait être présent pour assister à sa première réunion avec ses pairs africains. La question du Sahara sera donc au menu des discussions entre Mohammed VI et Haile Mariam Dessalegn.
AB