L'USFP dit "oui, mais…" à l'entrée au gouvernement
On (les intéressés du moins) attendait cette commission administrative de l'USFP qui devait se prononcer sur une éventuelle adhésion à la majorité de Benkirane pour l'actuelle législature. Le Bureau politique s'était quant à lui réuni en début de semaine, et était allé dans le sens du oui, confiant à la Commission le soin de trancher. Elle l'a fait, avec prudence, voire hésitation, et même tergiversation.
En effet, le Premier secrétaire du parti s'en est pris au… PJD, avec lequel il est supposé former cette majorité et s'allier au gouvernement. "L'élection a abouti à une forme de bipolarisation, mais artificielle, due d'une part à l'argent et d'autre part à l'influence procurée par l'action caritative, en plus de certaines interventions d'agents d'autorité", affirme Driss Lachgar avec emphase devant les siens.
Puis il a martelé que l'USFP n'entrera pas au gouvernement à n'importe quelles conditions, et uniquement sur la base d'un calcul arithmétique de fauteuils ministériels et de départements, mais conformément à un programme d'action gouvernementale à examiner. Le tout dépend donc de l'offre que fera le chef du gouvernement.
En somme, la Commission administrative donne carte blanche à Lachgar pour négocier l'entrée au gouvernement, dans une logique de programme… Mais que peut vraiment négocier un parti affichant 20 députés avec un autre qui en dispose de … 6 fois plus, et même un peu plus ? La Commission administrative a donc fait dans la posture, allant même jusqu'à critiquer l'ancienne alliance de fait avec le PAM, une formation dont il faudra désormais s'éloigner.
Mais bon, il est clair que les socialistes veulent clairement "y être", en essayant de se positionner comme un parti désintéressé, alors que ses membres sont clairement intéressés. La question est de savoir si avec un tel allié, le chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane pourrait se sentir en sécurité, et s'il préférera former un gouvernement fragile avec l'USFP en appoint, ou avec le RNI en renfort (ce qu'il veut par-dessus tout éviter), ou admettre son échec et s'en retourner dans sa chaumière…
Début de réponse dès lundi.