Le Sommet africain de l’Action, comme si vous y étiez…

Le Sommet africain de l’Action, comme si vous y étiez…

Le Sommet africain s’ouvre ce matin du 16 novembre à Marrakech. Une cinquantaine  de chefs d’Etat et de gouvernement du Continent  sont là pour discuter de l’Afrique dans la problématique plus globale du réchauffement climatique. On annonce à la télévision 50  participants, mais une trentaine de chefs d’Etat sont là, dont le Rwandais Paul Kagamé et le Nigérian Muhammdu Buhari. Deux mois avant le Sommet de l’Union africaine, ce Sommet revêt une symbolique évidente, celle du retour efficace et engagé du Maroc dans son espace naturel.

Le roi Mohammed VI arrive, avec les deux princes Moulay Hassan et Moulay Rachid, puis l'impressionnante et très parlante et symbolique noria des chefs d’Etat et de gouvernement,  le Rwandais Paul Kagamé, le Sénégalais  Macky Sall, le Nigérian Muhammadu Buhari, l’Ivoirien Alassane Ouatara, le Burkinabé Marc Christian Kaboré, le Gabonais Ali Bongo Ondimba, l’Equato-guinéen Théodore Nguema Mbasogo,  la Libérienne Johsnon Sirleaf, le Togolais Faure Gnassingbé, le Soudanais Omar el-Béchir,  le Malien Ibrahim Boubakar Keita, le Guniéen Alpha Condé (coordinateur de l’Initiative africaine des Energies renouvelables), le Congolais Denis Sassou Nguesso…

Les hôtes étrangers du Sommet, en l’occurrence le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le président français François Hollande et le Secrétaire d’Etat américain John Kerry sont attendus plus tard.

Les chefs d’Etat se dirigent vers la salle pour la photo commémorative, devisant en petits groupes de choses et d’autres, et derrière, Ramtane Lamamra, ministre algérien  des Affaires étrangères avance aussi, avec des airs de comploteur, mais en fin de cortège. Il n’est que ministre des Affaires étrangères, lui…

Photo de famille, puis les dignitaires africains entrent dans la salle du Sommet… Un film documentaire sur le réchauffement climatique est projeté, montrant les dangers du changement du climat.

Le roi Mohammed VI s’installe, avec sa suite, composée des deux princes, de ses conseillers Fouad Ali al Himma et Taïeb Fassi Fihri, puis le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar et son ministre délégué Nasser Bourita.

Voici les passages les plus marquants du discours royal, délivré en français :

Pourquoi ce Sommet ? J'ai pris l'initiative de vous convier à ce Sommet, afin que notre Continent harmonise la lutte contre les changements climatiques, et l’action en faveur du développement durable. Je vous propose de dessiner une Afrique résiliente aux changements climatiques, une Afrique qui s’engage résolument sur la voie du développement durable.  C’est une Afrique, qui utilisera ses ressources, de manière optimale, en respectant les équilibres environnementaux et sociaux.

L’Afrique, ses particularités et le néocolonialisme révolu. Existe-t-il pour autant des objectifs communs dans l’action ? Je voudrais examiner, à ce propos, deux éléments fondamentaux : D’abord, il y a, entre le Nord et le Sud, une disparité de cultures en matière d’environnement ; elle a trait aux priorités et aux moyens. C’est dans ce but qu’il conviendra d’harmoniser, voire d’unifier l’éducation à l’environnement ; la Présidence marocaine s’y emploiera durant son mandat. Par ailleurs, faut-il rappeler que le temps de la colonisation est révolu, qu’une décision imposée ne peut être productive ? Faut-il rappeler que les acteurs ne manquent pas de force d’engagement, ni de bonne volonté ; mais qu’il leur arrive de manquer de moyens ?

Le continent est le grand perdant du réchauffement, sans qu’il n’y contribue. L’Afrique paie un lourd tribut dans l'équation «climat» et représente, sans aucun doute, le Continent le plus pénalisé. En effet, la hausse des températures, le dérèglement des saisons, les sécheresses à répétition appauvrissent la biodiversité de notre Continent, détruisent ses écosystèmes et hypothèquent son progrès, sa sécurité, sa stabilité. Pourtant, notre Continent n'émet que 4% des gaz à effet de serre. Les rendements agricoles de notre Continent pourraient donc baisser de 20% à l’horizon 2050, au moment même où notre population aura doublé.

Nécessité d’unifier les rangs africains. Il importe que notre Continent s’exprime d'une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées, en matière de lutte contre les changements climatiques.

Les 4 objectifs impératifs. Nous sommes donc face à quatre impératifs : 1/ Déterminer les mesures d'accès aux financements nécessaires, afin d’organiser les efforts d’adaptation du Continent, 2/ Identifier les mécanismes à mettre en place visant à soutenir la mise en œuvre de programmes phares, 3/ Renforcer les capacités institutionnelles de notre Continent et, 4/ Saisir les opportunités et étudier les implications qu’offre un développement sobre en carbone, dans les domaines de l'énergie, de l'innovation technologique, ou encore, des métiers « verts ».

Le rôle que veut jouer et que jouera le Maroc. Le royaume  est déterminé à renforcer sa contribution, à la défense des intérêts vitaux du Continent, aux côtés de ses pays frères et, bientôt, au sein de l’Union Africaine. Fort du déploiement en cours, de son ambitieux programme, dans le domaine des énergies renouvelables, le Maroc met son savoir-faire à la disposition de ses partenaires. S’impliquant activement dans les projets dédiés à l’Afrique, le Royaume contribue, aujourd’hui, à y inclure de nouveaux partenaires, publics et privés, et à structurer les mécanismes de gouvernance.

Au-delà de l’enveloppe prévue à partir de 2020, par l’Accord de Paris, la Présidence marocaine s’intéresse à la mobilisation des financements publics, à la diversification des montages financiers, et à la facilitation de l’accès aux fonds consacrés au climat. Par ailleurs, le Maroc encourage l’implication des Fonds Souverains, afin de développer les infrastructures vertes en Afrique.

Je voudrais vous assurer que Mon pays entreprendra toutes les actions nécessaires, et ne ménagera aucun effort, afin de faire entendre la voix de l'Afrique, dans les négociations formelles, ainsi que dans la mise en œuvre de « l’Agenda Global pour l’Action Climatique ».

Le roi Mohammed VI donne alors la parole au président sénégalais, puis au chef de l’Etat rwandais, et de Guinée… chacun s’exprime quatre minutes pour présenter les besoins et l’action de son pays. En se retirant pour conduire des réunions bilatérales,  le roi confie la présidence du Sommet au Sénégalais Macky Sall, qui donne à son tour la parole au président de la COP22, Salaheddine Mezouar, lequel cadre les débats techniques à venir.

Avec cette rencontre, à laquelle ont été conviés le SG de l’ONU Ban Ki-moon, le président français Hollande et l’Américain Kerry, le royaume s’implante encore mieux, encore plus dans son continent qu’il a retrouvé en bilatéral depuis plusieurs années, mais qu’il rencontrera, solennellement, officiellement, au Sommet de l’Union africaine programmé en janvier à Addis Abeba.

Aziz Boucetta



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