Abdelilah Benkirane convaincu du succès de ses tractations avec les partis, mais...

Abdelilah Benkirane convaincu du succès de ses tractations avec les partis, mais...

Le chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane était en réunion ce samedi 19 novembre avec les membres de sa Jeunesse. Il leur a affirmé que le processus actuellement en cours pour la formation de la majorité allait aboutir à la mise en place d’un gouvernement fort et homogène. Rien pourtant ne lui permet de dire cela, les négociations étant encore dans l’impasse.

Ainsi, il se confirme, selon des sources sûres, que le chef du PJD a rencontré à Marrakech le nouveau patron du RNI et aussi nouvel homme fort de la classe politique nationale Aziz Akhannouch. Mais de cette rencontre rien ne semble être sorti qui irait dans le sens de la formation d’une majorité. Akhannouch tient à un gouvernement sans Istiqlal, et Benkirane ne compte pas se défaire du parti de Hamid Chabat qui, avec le PPS, sont les plus solides alliés du PJD, avec lesquels il totalise 183 députés, à 15 de la majorité absolue.

Quant au MP de Mohand Laenser, il dit tout et son contraire. Le secrétaire général du Mouvement populaire nie avoir lié son sort à celui du RNI, mais affirme d’une manière détournée que son parti ne saurait adhérer à une majorité exclusivement constituée de partis de la Koutla. « Je connais la position du PJD et de l’Istiqlal sur un certain nombre de questions, dont celle de l’amazigh. Quelle serait notre valeur ajoutée au sein d’un gouvernement PJD + Koutla et quelle y serait également notre force de proposition dans un certain nombre de domaines ? Aussi, pour adhérer à cette majorité, il nous faut être avec d’autres formations qui partagent nos vus, en l’occurrence l’UC et le RNI ». En clair, pas de MP au gouvernement sans RNI.

Retour à la case départ…

Inquiétude, quand même,  au sein du PJD… Le ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid a déclaré aux médias que « rien, pour l’instant, ne nous conduit au sein du PJD à envisager la nomination de quelqu’un d’autre que Benkirane à la tête du gouvernement. Le chef du gouvernement sortant a été reconduit par Sa Majesté le roi et bénéficie du soutien de son parti ». Il n’y aurait donc pas de plan B au PJD, en dehors de Benkirane.

Cela étant, et signe de nervosité du chef du gouvernement, la multiplication de ses sorties médiatiques, affirmant invariablement que les choses sont en train de se décanter, avec le RNI. Puis il a ajouté que suite aux récentes déclarations de l’USFP, « il lui faudrait 3 ans pour les comprendre ». Lachgar et les siens demandent en effet toujours une offre de Benkirane pour se prononcer définitivement sur leur adhésion, ou non, sachant qu’en face, Benkirane tient un raisonnement clair, qui peut se résumer en cette idée : qu’ils nous rejoignent d’abord, nous discuterons de tout le reste ensuite. Ce qui est une démarche logique, celle de l’USFP étant une forme de chantage aux fonctions. Or, on sait que Lachgar tient à propulser son numéro 2 Habib el Malki au perchoir, avec ses 20 députés !

Et donc, conséquemment, l’éloignement de Benkirane de l’USFP va dans la direction d’un rapprochement avec le RNI d’Akhannouch, qui aura su maintenir la pression sur Benkirane. Deux questions restent sans réponse : qu’en sera-t-il de l’Istiqlal au sein de la coalition ? Et de quelle nature pourra être un gouvernement avec le RNI d’Akhannouch après tout ce qui s’est dit et échangé entre les deux hommes ?

Aziz Boucetta



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