Le Maroc et 8 autres Etats se retirent du Sommet arabo-africain de Malabo
Le Sommet réunissant les pays arabes et africains doit se tenir à Malabo, en Guinée Equatoriale. Il fait suite à celui de Koweït en 2013, et avant lui celui de Syrte en 2010. Mais le Maroc, rejoint par 5 Etats du Conseil de Coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, Oman, Emirats Arabes Unis), en plus de la Jordanie, du Yémen et de la Somalie, a décidé de se retirer de ce Sommet qui doit s’ouvrir ce 23 novembre.
La raison en est, encore et toujours, la présence d’un drapeau et d’une délégation de la RASD dans la salle de réunion. La diplomatie marocaine a donc annoncé le retrait du royaume et des huit autres pays indiqués de ce 4ème Sommet Afrique-Monde arabe qui débutera ses travaux ce 23 novembre 2016 sur le thème « ensemble pour le développement durable et la coopération économique ».
Le ministère des Affaires étrangères marocain explique qu’il ne saurait participer à une réunion en présence d’une délégation de la RASD, que l’Union africaine a tenu à inviter. Le principe général de ce Sommet, ajoute le ministère, est le respect de la souveraineté des Etats représentés au Sommet. Or la rencontre est co-organisée par la Ligue des Etats arabes et l’Union africaine, et si la RASD n’est pas reconnue par la première (ni par l’ONU), elle est membre de plein droit de la seconde, dont la présidente de la Commission est Mme Dlamini Zuma, notoirement hostile au Maroc et affichant une position très pro-Polisario. De plus, le fait que le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, en froid avec Rabat, dirige cette rencontre va dans le sens de la crispation et des tensions.
C’est d’autant plus regrettable pour la rencontre arabo-africaine que les thèmes prioritaires qui seront débattus seront la recherche scientifique, le terrorisme, le financement du développement, la sécurité alimentaire, le développement agricole et la migration. Autant de domaines où la Maroc a montré une certaine maîtrise et dans lesquels il a pris un rôle prééminent à l’échelle africaine.
Le Koweït devrait participer à ce Sommet en tant que président sortant, mais on connaît la position de l’Emirat quant à l’affaire du Sahara, favorable à l’unité territoriale du Maroc. il avait d’ailleurs refusé la participation de la RASD à son Sommet de 2013.
Quel Sommet sera donc celui de Malabo en l’absence des pays arabes les plus riches, ceux qui sont les donateurs et qui se sont engagés à injecter un milliard de dollars d’investissements sur le continent africain ?
Dans son communiqué, le ministère marocain affirme son respect et sa considération pour la Guinée Equatoriale, pays organisateur, dont le président se trouvait à Marrakech le 16 novembre dernier pour participer au Sommet africain de l’Action organisé par le Maroc en marge de la COP22. « Le Royaume du Maroc et d'autres pays arabes et africains ont veillé à apporter tout le soutien et garantir les meilleures conditions pour le succès de ce sommet qui se tient dans ce pays africain ami et renouvellent leur grande considération à la Guinée Equatoriale, président, gouvernement et peuple, pour les grands efforts déployés », précise le ministère marocain.