Le PAM clarifie officiellement sa position pour la formation du gouvernement
Il existe des choses qui vont mieux en les disant, selon la formule consacrée… Plus de six semaines après que le roi Mohammed VI eût désigné Abdelilah Benkirane pour former son gouvernement, rien ne vient, et ce dernier a abondamment parlé de la « tentative de putsch » supposément menée par le PAM dès le lendemain des élections. Le PAM vient de publier un communiqué d’une réunion du Bureau politique à ce sujet…
Il est dit dans ce communiqué, entre autres points moins intéressants, que « partant de son respect de la volonté des électeurs et électrices exprimée lors du scrutin du 7 octobre, le parti insiste sur la nécessité d’observer les deux critères de sérieux et de responsabilité dans la mise en œuvre des claires et explicites dispositions constitutionnelles quant à la formation du gouvernement. En outre, dans tous les cas et quel que soit le sort des tractations en cours aujourd’hui à cet effet, le PAM ne s’inscrit aucunement dans la logique de représenter une alternative dans la formation et la conduite du gouvernement, mais il est en revanche très soucieux de la bonne marche des institutions constitutionnelles du pays ainsi que de l’intérêt à porter, avec tout le sérieux requis, aux affaires existentielles nationales, tant sur le plan interne qu’à l’international ».
Mais avant de clarifier ainsi et le plus explicitement possible sa position, « le Bureau politique du PAM renouvelle son appel à l’accélération du processus de formation du gouvernement, en dépassant et en mettant fin à cette situation de vacance constitutionnelle des institutions de l’Etat. Le parti met en garde contre le fait que tout retard dans ce processus aura un coût très élevé en matière d’engagements financiers et économiques de l’Etat à l’égard de tous les partenaires nationaux et étrangers, en plus du gel des mécanismes de dialogue social et des projets de développement ».
Ainsi, les choses sont claires…
En effet, l’article 47 est considéré comme vague et imprécis, conduisant plusieurs observateurs à se prononcer pour le basculement au second parti pour former le gouvernement, si le premier par le score de députés n’y parvient pas. Et c’est sur cela que Benkirane bâtit sa stratégie de victimisation, appelant le peuple à témoin contre ces visées et ces « tentatives de putsch » institutionnel…
La semaine dernière, pour rappel, l’Istiqlal avait même suggéré à travers son organe de presse en arabe al Alam que « quiconque mène un putsch contre la constitution aujourd’hui pourrait être amené à le faire aussi contre autre demain »…
Selon Benkirane, qui l’a clairement signifié dans une allocution adressée aux membres de son parti le 5 novembre, le PAM avait réuni le RNI, l’Istiqlal, l’UC et l’USFP le 8 octobre, au lendemain du scrutin, pour que tous s’accordent sur le nom d’un président de la Chambre des représentants. Cela aurait plongé le Maroc, en plus du ridicule, dans une grave impasse constitutionnelle. Le chef du gouvernement tient cela de Hamid Chabat, patron de l’Istiqlal, qui lui a dit avoir participé à cette réunion, avant de s’en retirer, par respect de la constitution et en refus de toute déviation de la volonté populaire. Aucune autre source ne vient confirmer ces propos, et Ilyas el Omari a démenti la tenue même de cette réunion.