La grippe aviaire en France… et le Maroc ?
Le 17 novembre 2016, la France avait été placée en risque « modéré » concernant la grippe aviaire. Mais ce mardi 6 décembre 2016, le risque est passé de « modéré » à « élevé » dans le sud-ouest de l’Hexagone à cause de plusieurs autres foyers du virus qui ont été détectés. Le Maroc pourrait être menacé à son tour, mais pour l'instant, la situation n'est pas inquiétante.
La grippe aviaire est un virus touchant la volaille et les oiseaux que l’on retrouve à des endroits humides. Dans ces cas-là, la transmission s’effectue par le flux d’oiseaux migratoires en provenance du Nord de l’Europe et à destination des pays chauds. Il n’aurait suffi que d’un oiseau pour contaminer tout un élevage. Ce virus n’est pas dangereux pour l’être humain ni pour les produits finaux de consommation pour l’Homme ; en revanche, il est dangereux pour le leader mondial du foie gras qu’est la France.
En effet, l’année passée, le virus avait aussi attaqué les élevages français et, le risque avait été proclamé comme étant « élevé » ; par la suite, et pendant plusieurs mois, un vide sanitaire du sud-ouest avait entrainé la cessation de fonctionnement des exploitations. On peut donc dire que les éleveurs ont pris l’habitude de lancer les mesures sanitaires d’urgence qui consistent à éloigner les bêtes des zones de production pour que celles-ci subissent un nettoyage et une désinfection qui a pour but d’épurer les exploitations avant de permettre le repeuplement des zones concernées.
Le Maroc étant l’un des points d’arrêt des oiseaux migratoires propices à leur reproduction grâce à son climat agréable et doux en hiver, la volaille marocaine pourrait être une victime « collatérale » de l’épizootie qui sévit en France actuellement. Mais, d’après l’ONSSA marocain (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires), les œufs ainsi que tous les autres aliments à base de viande de volailles ayant été contrôlés par un vétérinaire ne représentent aucune menace car ils n’ont pas été touchés par le virus. Un grand soulagement, donc, pour les éleveurs marocains qui se réjouissent que leurs productions ne subissent pas le même sort que celles des agriculteurs français.
En 2004 et 2005, le Maroc avait déjà été menacé par la grippe aviaire qui, ces années-là, sévissait en Asie, plus particulièrement en Chine, tuant au passage des éleveurs ayant été beaucoup trop exposés aux zones infectées et, donc, au virus. Le Maroc avait donc pris, à l’époque, les dispositions nécessaires à la protection des volailles et de la population. Heureusement, aucun cas n’avait été recensé, soulageant les éleveurs, contents de ne pas perdre des bêtes.
Par contre, la France, n’avait pas eu la même chance. En 2015, il y a à peine un an donc, elle subissait encore une fois une attaque du virus de la grippe aviaire, et 9 foyers avaient été recensés dans le sud-ouest du pays. A croire que cette partie de la France est un aimant à grippe aviaire… Malheureusement pour la France, l’impact de la maladie sur les bêtes étant beaucoup trop gros, en cela que les éleveurs furent obligés d’abattre plus de 4.500 canards.
La sérénité des éleveurs et des pouvoirs publics au Maroc, cette année, pourrait donc s’avérer de courte durée alors, mieux vaut en profiter.
MLL