La violence contre les femmes au Maroc, cela continue…

La violence contre les femmes au Maroc, cela continue…

Selon des derniers chiffres apportés par l’Observatoire marocain contre la violence faite aux femmes,  les agressions contre les femmes augmentent d’année en année. 11.300 femmes interrogées en 2015 ont déclaré au total 47.000 cas de violence, ce qui fait 4 en moyenne par femme. L’échantillon de 11.000 femmes est représentatif en cela qu’elles viennent de tous les milieux sociaux et de toutes les zones géographiques du royaume.

En matière de viol, l’Observatoire a recensé 360 cas, dont 232 du fait du conjoint, soit près des deux tiers. Sur ce total, elles sont 71% à avoir été violées, et 22% déclarent avoir subi des relations et pratiques sexuelles non souhaitées mais imposées et contraintes.

Bien entendu, ces agressions engendrent des troubles de plus ou moins grande gravité. Ainsi, sur le total des femmes violées et/ou agressées, elles sont 20% à présenter des symptômes de troubles psychologiques, 19% souffrent d’insomnies,  17% annoncent un sentiment d’humiliation, ou hogra, 17% développent des sentiments de culpabilité et 16% (seulement) ont peur. Selon le rapport, 9 femmes se sont donné la mort suite à leur viol en 2015, contre 5 en 2014.

64% des femmes violées et/ou violentées sont mariées, et 23% sont des mères célibataires. Elles sont 40% à être analphabètes, 27% ont un niveau d’études primaires, et 18% ont été jusqu’au collège ; ce qui laisse  15% de femmes violentées avec un niveau supérieur. Enfin, 54% des femmes violées exercent une activité professionnelle et 42% sont des femmes au foyer.

Comment se décline cette violence ? 71% des femmes interrogées expliquent que leurs agresseurs les tirent pas les cheveux, crachent sur elles, les frappent (gifles et coups depied)... et 47 femmes ont été séquestrées et ligotées.

Récemment, le ministère de la Famille et de la Solidarité a lancé une campagne se voulant choc, mais qui se contente de caresser, involontairement, les hommes dans le sens du poil. En effet, le slogan de la campagne est "Frapper une femme n'est pas une marque de virilité"... alors même, comme le rapporte la sociologue Sanaa Elaji, les hommes violents contre leurs épouses ou contre les femmes en général doivent comprendre qu'ils sont des criminels. Ce n'est pas une question de virilité mais de crime.



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