Les internautes faisant l'apologie du terrorisme seront désormais poursuivis
Suite à l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, lundi 19 décembre, par un policier turc, le monde entier a condamné l’action terroriste du tueur, qui a clamé son désir de vengeance pour les événements à Alep. Au Maroc, la condamnation a été également unanime, à l’exception d’internautes qui ont loué le geste du policier tueur. Les ministères de l’Intérieur et de la Justice ont décidé de poursuivre ces personnes.
Dans un communiqué publié en début d’après-midi, les départements de Mohamed Hassad et de Mostafa Ramid constatent que plusieurs personnes « ont fait clairement et explicitement l’apologie du tueur et de son acte ». Les deux ministres rappellent que la loi marocaine, et précisément le Code pénal en son article 218-2, considèrent l’apologie d’un acte terroriste comme un acte terroriste en soi, et ont donc décidé de rechercher les individus concernés, en vue de poursuites judiciaires.
L’article 218-2 du Code pénal dit ceci : « Est puni d'un emprisonnement de 2 à 6 ans et d'une amende de 10.000 à 200.000 dirhams, quiconque fait l'apologie d'actes constituant des infractions de terrorisme, par les discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou les réunions publics ou par des écrits, des imprimés vendus, distribués ou mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics soit par des affiches exposées au regard du public par les différents moyens d'information audio-visuels et électroniques ».
Pour rappel, lors de son examen par le gouvernement et le parlement en 2014, la loi anti-terroriste portant n°86-14 avait été jugée trop vague par le Conseil national des droits de l’Homme, essentiellement dans sa partie « apologie du terrorisme ». Mais il se trouve que les messages publiés par les internautes se sont montrés fort explicites. On attendra donc de voir le sort réservé aux auteurs des messages jugés laudateurs pour le policier turc assassin…