Non, Casa Tram n’augmenta pas le prix de son ticket !
Plusieurs confrères ont titré ce vendredi 23 décembre sur une augmentation du prix du ticket du tram de Casablanca, à hauteur de 2 DH. C’est inexact car ce relèvement du tarif, s’il est réel et s’il sera effectif à partir du 1er janvier, ne s’applique que sur la partie coût de revient du ticket et se justifie par une autre raison, qui est davantage d’ordre environnemental que financier. Explications.
Jusque-là, le prix de ce ticket de tram à Casablanca coûtait 6 DH, plus 1DH pour l’achat du ticket, ou pour la valeur de revient de ce ticket. Celui-ci était rechargeable 10 fois. A partir du 1er janvier 2017, le prix du voyage sera toujours de 6 DH, mais le coût du ticket sera majoré de 1 DH. Aussi, pour tout achat d’un ticket, il faudra payer 8 DH, puis 6 DH pour chaque recharge.
Or, s’il était rechargeable 10 fois jusque-là, le ticket ne pourra l’être que deux fois désormais à partir de 2017. On pourrait penser alors que l’augmentation du tarif est effective, et dissimulée sous des artifices environnementaux, très tendance en ce moment. Mais la volonté du management de Casa Tram est autre…
En effet, l’objectif recherché est d’orienter les usagers du tram vers la carte, dont la recharge est mesurable non en nombre de fois, mais en nombre d’années… 5 pour être plus précis, peut-être plus dans les mois qui viennent. Et le prix de la carte, lui, ne changera pas. 15 DH il valait, et 15 DH il vaudra toujours en 2017.
La décision est certes brutale mais selon une source interne de Casa Tram « il a fallu passer par une telle mesure pour vraiment encourager les gens à s’orienter vers les cartes, et réduire le nombre de tickets en papier »… et d’expliquer pourquoi cette décision a été prise : « Nous avons fait plusieurs enquêtes, desquelles il ressort que, bien qu’il ait la possibilité de recharger son ticket 10 fois, l’usager ne le fait que deux fois en moyenne ». De fait, décider d’augmenter la valeur du ticket de 1 à 2 DH, puis limiter les recharges des tickets papier à deux fois, conduira très certainement les usagers à faire leurs calculs et, pour les plus rusés, comprendre que c’est dans leur intérêt de passer à la carte, « certes préjudiciable aussi pour l’environnement, mais représentant un moindre mal que les millions de tickets imprimés », ajoute notre source. Certes.
Et pour encourager les bonnes volontés, il a été décidé d’offrir une carte aux usagers qui remettront 2 tickets. Et 20.000 cartes sont prévues dans cette opération.
AB