Le roi en Ethiopie, le Maroc (presque) dans l’Union africaine

Le roi en Ethiopie, le Maroc (presque) dans l’Union africaine

On le savait et on s’y attendait, mais rien n’était encore sûr, la procédure d’admission du royaume au sein de l’Union africaine étant en cours et les Algériens et Sud-Africains à la manœuvre pour entraver cette adhésion. Mais vendredi 27 en milieu d’après-midi, le roi Mohammed VI s’est envolé pour Addis Abeba…

Le dossier d’adhésion du Maroc à l’instance panafricaine est désormais bouclé, demande faite et transmise aux chefs d’Etat et de gouvernement du continent, instruments de ratification déposés à la Commission, dont la présidente Mme Nkosazana Dlamini Zuma a tout fait pour entraver cette adhésion, mais en vain. Il appartient donc, selon cette dernière, aux  chefs d’Etat du continent, réunis dans leur 28ème Sommet les 30 et 31 janvier, de se prononcer sur un retour du Maroc dans l’organisation panafricaine.

« Le Maroc est bienvenu au sein de l’UA » dès lors qu’il se considère « égal en droits et en devoirs avec les 54 membres actuels », a déclaré ce vendredi 27 janvier  le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, sur les ondes de RFI. Arithmétiquement, ce retour ne doit pas poser de problèmes, le Maroc ayant annoncé plus de 40 voix le soutenant, c’est-à-dire plus que les deux tiers lui permettant, ensuite, d’ouvrir la question de la suspension de la RASD.

Tout au long de 2016, et même avant, le roi Mohammed VI a effectué plusieurs tournées diplomatico-économiques en Afrique de l’Ouest, mais aussi de l'Est, notamment au Rwanda puis en Tanzanie pour renouer ou conforter les liens politiques avec cette partie du continent alors que la zone d'influence du royaume se situait plutôt au Sahel et en Afrique de l'Ouest. Le Maroc a ainsi déployé les grands moyens pour convaincre de sa vocation subsaharienne, et il a même réussi à briser l’axe Alger-Abuja-Pretoria, le Nigéria se déclarant désormais officiellement en faveur du retour du royaume au sein de l’UA.

Selon l'analyste politique Gilles Yabi, installé au Sénégal, « la question maintenant est de savoir si le Maroc va être réintégré et en même temps, si on ne va pas exclure le Sahara occidental de l'UA. C'est sur ce point qu'il y a des divisions très claires au sein de l'UA ». Algériens et Sud-Africains brandissent la menace, en creux, de l’éclatement de l’UA si un débat est lancé sur l’exclusion de la RASD, mais l’article 32 est très clair, et dispose que tout amendement de l‘Acte, en vue d’une éventuelle suspension, puis exclusion, de la RASD requiert les deux tiers des membres, soit 36 Etats, alors même que le Maroc dispose de 43 Etats amis.

Mais cela viendra en seconde phase… après l’adhésion du Maroc et sa célébration en tant que 55ème membre de l’UA.



Articles Similaires





Les plus populaires de la semaine

Vidéos de la semaine





Newsletters

Nombre de visiteurs : 15595