Affaire du chantage Laurent/Graciet contre Mohammed VI : la justice valide les enregistrements
La cour d’appel de Reims a de nouveau déclaré recevables, jeudi, les enregistrements-clé mettant en cause les journalistes Éric Laurent et Catherine Graciet, qui avaient réclamé 2 millions d’euros au palais royal pour ne pas publier un livre qu’ils présentaient comme « accablant ». Cette décision de la cour d’appel va à contresens de celle de la Cour de cassation qui, en septembre, avait mis en doute et remis en question ces fameux enregistrements.
« Nous avons gagné », exulte l’avocat de la partie marocaine Me Eric Dupont-Moretti, contacté par les médias. Il a ajouté, avec son confrère Ralph Boussier dans un communiqué que « ces enregistrements n’étaient qu’un moyen de conforter l’existence du délit, celui-ci n’étant nullement remis en cause par ailleurs. Ils viennent donc s’ajouter aux différents éléments accablant déjà les accusés ».
Le 21 septembre dernier, la Cour de cassation avait reproché aux enquêteurs une implication dans l’affaire, à travers le fait d’avoir laissé enregistrer les conversations des deux journalistes avec marocain du palais royal Me Hicham Naciri. La cour d’appel de Reims, quant à elle, a établi l’avocat qu’il n’entrait pas dans les fonctions d’un enquêteur de dissuader quelqu’un de commettre un délit, et de fait, les enregistrements sont validés, portant un coup dur au duo Eric Laurent/Catherine Graciet.
Et donc, « l’arrêt de la Cour d’appel de Reims estime que le plaignant, en l’occurrence le palais, avait la liberté d’effectuer ces captations audio et qu’il n’était pas de la responsabilité de la police française de l’en empêcher », a déclaré à Jeune Afrique Me Ralph Boussier.
Pour rappel, les deux mis en examen avaient été surpris en août 2015 par les autorités judiciaires en situation de flagrant délit avec chacun une enveloppe de 40.000 euros à eux remises, et par eux acceptées, par l’avocat Me Naciri. Ce dernier a fourni aux enquêteurs français un engagement manuscrit de Laurent et Graciet de ne plus rien publier contre le roi du Maroc, en contrepartie de la somme de 2.000.000 d’euros. Plus tard, dans les médias, les deux journalistes ont parfaitement reconnu les faits, sauf qu’ils ont refusé le terme de chantage pour lui préférer celui de « pacte ».