Le Polisario campe sur ses positions, reçoit des armes algériennes et multiplie les provocations

Le Polisario campe sur ses positions, reçoit des armes algériennes et multiplie les provocations

« Nous avons le même ennemi et nous vaincrons »… Ainsi s’exprimait voici deux ans le général Gaïd Saleh, chef d’état-major algérien, en visite à Tindouf. Et de fait, après l’épisode Guergarate, qui n’est pas encore terminé puisque le Polisario se trouve toujours dans la zone tampon, les séparatistes multiplient les gesticulations et autres provocations. Ils viennent de recevoir des équipements militaires algériens.

Depuis l’adhésion du Maroc à l’Union africaine, Algériens et dirigeants du Polisario montrent des signes de nervosité, alternant les attaques diplomatiques, les manœuvres politiques et les agressions au sud, dans la zone de Guergarate. Le 5 février, dans sa première déclaration depuis le sommet d'Addis Abeba, le chef du Polisario Brahim Ghali avait annoncé que toutes les options, y compris la lutte armée, étaient envisageables pour obtenir l'indépendance.

A Guergarate, les éléments du Polisario ont entrepris de procéder à des opérations de contrôle des camions qui transitent, avec la volonté manifeste de créer une zone douanière, et donc un Etat de facto. C’est cette situation de fait qui a été jugée intolérable par le Maroc, et c’est ce qui a justifié l’entretien téléphonique du roi Mohammed VI avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, le 24 février, et l’avertissement quant à la menace pesant sur le cessez-le-feu suite aux mouvements des gens du Polisario.

Le lendemain de cet appel, soit le 25 février, l’ONU a enjoint aux deux parties de revenir à leurs positions respectives, reconnues par l’ONU et, le lendemain, dimanche 26, Rabat a décidé de retirer son armée, unilatéralement, de la zone de Guergarate. Contrairement au Polisario qui a déclaré que le problème devait être réglé dans sa globalité, en allusion à l’organisation d’un référendum des Sahraouis.

Dans l’intervalle, Brahim Ghali a décidé d’organiser une réunion de ses collaborateurs et de ses chefs de guerre, que l’agence de presse algérienne appelle un Conseil de ministres et d’état-major. A l’issue de cette réunion, médiatisée tant par le Polisario que par Alger, Ghali a passé en revue des équipements militaires neufs ou presque, reçus d’Alger et consistant essentiellement en du matériel de transport blindé, monté de canons de 30 millimètres et disposant de mitrailleuses de calibre de 7,62 mm.

Dans le détail, cette livraison algérienne comprend 70 blindés légers, 180 véhicules 4x4 Toyota pour le transport des troupes, 300 lance-roquettes et 18 canons de calibres divers. Rien de bien méchant face à une armée marocaine aussi bien équipée que motivée, mais ce déploiement de force montre les intentions belliqueuses et va-t-en guerre des Algériens et du Polisario.

L’idée d’Alger, via le Polisario, est double : soit pousser le Maroc à intervenir avec sa force militaire pour déloger les combattants du Polisario et s’afficher comme un agresseur, soit maintenir cette pression dans l’attente de la traditionnelle réunion du Conseil de Sécurité sur le renouvellement de la Minurso, prévue en avril.

La région se trouve donc confrontée à un risque d’affrontement militaire qui ne durerait certes pas plus de quelques heures, une escadrille de la chasse marocaine étant largement suffisante pour déloger les Sahraouis. Mais c’est exactement ce que cherchent ces derniers, quitte à subir un revers militaire, pour mieux vendre leurs discours politique. Rabat n’a aucun intérêt à suivre Alger dans cette provocation où le Maroc aurait tout à perdre.

En effet, depuis plusieurs années, et très exactement depuis 2007, le Maroc affiche une position diplomatique conciliante, à la recherche d’une solution politique durable et sérieuse. Depuis 2011, l’offensive africaine du roi Mohammed VI a permis au Maroc d’intégrer l’UA et de réussir des rapprochements spectaculaires avec une trentaine de pays du continent. Verser dans l’option militaire ne serait pas dans son intérêt, mais servirait grandement celui des Algériens, plongés dans une grave crise politique de succession de Bouteflika, une crise économique due à l’effondrement durable des prix du baril et une crise sociale résultant des deux premières.

AB



Articles Similaires





Les plus populaires de la semaine

Vidéos de la semaine





Newsletters

Nombre de visiteurs : 15595