Le secteur privé de l’enseignement veut plus, toujours plus

Le secteur privé de l’enseignement veut plus, toujours plus

Le secteur de l’enseignement privé projetait d’observer une grève nationale le mardi 14 mars, mais ses instances ont décidé de reporter ce mouvement dans l’attente de la formation d’un gouvernement. La Ligue de l’enseignement privé a décidé de se donner jusqu’au 13 mai pour prendre une décision finale.

C’est lors d’une assemblée extraordinaire de la Ligue que son président Abdelhadi Zouiten a annoncé qu’ « il est temps d’envoyer des signaux positifs pour démonter que la Ligue, consciente de la situation actuelle du secteur, a opté pour le dialogue positif ».

Les patrons d’établissements privés s’élèvent contre l’arrêté 01-15 qui interdit aux enseignants du public de faire des heures supplémentaires dans le privé. C’était là l’un des chevaux de bataille de l’ancien ministre de l’Education Mohamed Louafa qui martelait que les privés devaient se conformer à la loi et à leurs engagements en recrutant, et en formant,  des enseignants propres à leurs établissements sans aller en chercher dans le secteur public.

Les récriminations des responsables vont aussi à l’administration fiscale avec les représentants de laquelle le secteur privé a entamé un « dialogue sérieux et responsable », tout en indiquant que les établissements d’enseignement privé auront versé en 2016 pas moins de 1,6 milliard de DH d’impôts, incluant, il est vrai, des redressements fiscaux sur 4 ans.

Au final, le secteur privé veut disposer des enseignants du privé, dont les coûts salariaux permettent des gains substantiels à leurs employeurs non publics, mais le secteur veut également ne pas avoir à payer beaucoup d’impôts, tout en fraudant à l’occasion, d’où les redressements fiscaux effectués (décalage entre les élèves déclarés aux Impôts et ceux déclarés aux académies régionales !). Et tout cela, explique la Ligue, en raison du fait que plusieurs centaines de  milliers d’apprenants sont inscrits dans les établissements privés, qui emploient  125.000 personnes

La Ligue de l’Enseignement Privé a été créée le 13 novembre 1991. Elle regroupe les directeurs et les fondateurs des établissements privés autorisés par le ministère de tutelle. Elle œuvre également pour la résolution des problèmes qu’affrontent les établissements de l’enseignement privé, outre la préservation des acquis et la défense des intérêts de ce secteur.

Mais la crise chronique que connaît le secteur de l’éducation nationale provient tout aussi bien du public que du privé, le premier faillant à sa mission pour plusieurs raisons et le second n’ayant en ligne de mire que le profit. Cela serait normal et naturel s’il n’était question de l’éducation des générations futures.



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