Benkirane : « Le roi peut nommer qui il souhaite à ma place, mais la volonté du peuple doit être respectée »

Benkirane : « Le roi peut nommer qui il souhaite à ma place, mais la volonté du peuple doit être respectée »

Pour Abdelilah Benkirane, encore une fois, une fois de plus, l’USFP ne sera pas dans ce futur gouvernement, si gouvernement il y a, bien évidemment. Les choses sont de moins en moins sûres en effet. Dans une allocution  prononcée devant les jeunes du monde rural relevant de son parti, samedi 11 mars,  le chef du gouvernement désigné Abdelilah Benkirane  a dit encore et encore que l’USFP ne  trouvera pas sa place au gouvernement.

S’adressant comme toujours, à des interlocuteurs par-dessus son auditoire, le chef du gouvernement a expliqué que si le PJD a accepté l’élection de Habib Malki de l’USFP à la fonction de président de la Chambre des représentants, c’est bien parce qu’il y avait la question nationale en suspens et qu’il fallait faciliter les choses.

Il a été copieusement applaudi, et il a fait applaudir Habib Malki, mais quand il a dit qu’il était prêt à renoncer à la présidence du gouvernement, en plus de celle de la Chambre des représentants, personne n’a applaudi. C’était là une occasion qu’il ne pouvait rater : « Pourquoi n’applaudissez-vous pas quand je vous dis que je ne serai peut-être plus chef du gouvernement ? Seriez-vous avec moi uniquement si je suis en situation ? ». Applaudimètre au maximum. Et Benkirane, « alors dites-le clairement, vous serez avec moi-même si je ne suis plus chef du gouvernement ! ». « Oui », scande la salle des jeunes. Un message peut-être, pour signifier que s’il n’est pas à la tête du futur gouvernement, il restera à celle du parti…

Concernant l’USFP – et il semblerait que toute son allocution était tournée autour de ce point – Abdelilah Benkirane a dit que « voilà un parti que nous avons accueilli à bras ouverts, et qui a choisi de nous presser autant qu’il a pu… mais quand ce Monsieur (Driss Lachgar, NDLR) a vu qu’on allait quand même faire ce gouvernement, il a été avec d’autres. Nous, on parlait avec un seul parti (le RNI), et voilà qu’on voit quatre se pointer et nous dire qu’ils voulaient tous y être. Moi, Aziz Akhannouch, je le considère comme un ami, je l’ai attendu un mois pour qu’il prenne la tête de son parti, mais il ne veut pas répondre à ma question. Quant à Laenser, c’est aussi un ami cher, mais on ne sait vraiment ce qu’il dit en ce moment. J’ai l’impression qu’il est obligé de dire ce qu’il dit. J’ai alors dit oui à l’UC, car ce parti n’a rien fait de mal. Moi, j’ai un problème avec Lachgar, pas avec l’USFP et si vous voyez ce gouvernement se former avec l’USFP, alors je ne suis plus Abdelilah ! » (applaudissements nourris et slogans).

Pour Benkirane, le problème n’est pas Lachgar, mais « la dignité d’un pays et d’un peuple». Plus important, « le roi a décidé de me nommer, et il aurait pu nommer Ramid, El Otmani, Rabbah, et il peut faire ce qu’il veut ; s’il veut changer son avis, je n’ai rien à dire, mais la volonté du peuple doit être respectée ».

En clair, le roi peut nommer quelqu’un d’autre au sein du PJD, mais le problème restera le même. Entier. Benkirane prépare sa rencontre avec le roi Mohammed VI dès son retour de sa tournée africaine…

AB



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