Le roi Abdallah de Jordanie au Maroc, avant d’accueillir le Sommet arabe à Amman
Une visite officielle dont le faste montre bien la proximité et l’amitié des deux rois, Abdallah II et Mohammed VI. Le roi de Jordanie est arrivé ce mercredi 22 mars au Maroc, et un accueil particulier lui a été réservé dans la capitale, où il doit rester jusqu’au vendredi 24 mars. Le souverain hachémite devrait confirmer son invitation au chef de l’Etat marocain, en vue de sa participation au prochain Sommet arabe, qui doit se tenir la semaine prochaine à Amman.
Tous les officiels du Maroc étaient là, à l’accueil, gouvernement, présidents des deux Chambres, ministres, membres du cabinet et du secrétariat royaux, hauts gradés de l’armée, défilé de la Garde royale. Un dîner officiel et des entretiens au Cabinet ont réunis les deux chefs d’Etat.
Le roi Abdallah II reçoit sur ses terres le prochain Sommet de la Ligue arabe et il a tenu à faire le déplacement en personne pour inviter son homologue Mohammed VI, qui avait cédé son droit à organiser le Sommet précédent en mars 2016. Il s’était finalement tenu en Mauritanie, avec seulement une demi-douzaine de chefs d’Etats présents, sur les 22 que compte la Ligue arabe.
Le Maroc avait renoncé à organiser ce Sommet chez lui et il avait annoncé sa décision dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Un communiqué rude dans lequel la diplomatie marocaine expliquait que les conditions de sérieux et d’efficacité n’étaient pas réunies, et que la tenue de ce Sommet pouvait procurer de faux espoirs aux populations arabes, confrontées à plusieurs sortes de problèmes alors même que leurs dirigeants étaient en conflit les uns avec les autres.
Par ailleurs, la Jordanie et le Maroc sont les deux seuls pays arabes et non membres du Conseil de coopération du Golfe à avoir contracté des partenariats solides avec les six monarchies de la péninsule arabique. Cela crée des liens, déjà forts depuis l’accession au trône des deux rois qui ont à un an près, le même âge et qui ont succédé à leurs pères respectifs en 1999.
Enfin, la coopération entre le Maroc et la Jordanie est de bonne facture, quoique perfectible. Elle est en effet régie par un cadre juridique riche de 60 accords, protocoles et mémorandums dans différents domaines, notamment l’Accord sur la Grande zone arabe de libre échange (Accord d’Agadir), entré en vigueur en juillet 2006, l’accord bilatéral de libre-échange, signé en juin 1998, et les accords de libre-échange conclus par les deux pays avec l’Union européenne et les Etats-Unis. Ce cadre de coopération avait été renforcé lors de la première réunion de la haute commission mixte bilatérale qui s’était tenue à Rabat en juin 1998, sous les règnes des rois défunts Hassan II et Hussein.
Le secteur privé s’est joint à cette dynamique de coopération institutionnelle à travers la création d’un conseil d’affaires maroco-jordanien en 1998 entre l’Association des hommes d’affaires jordaniens et la Confédération générale des entreprises du Maroc.