Istiqlal, les choses sont de plus en plus opaques
Alors que le siège du parti de l’Istiqlal à Bab el Had à Rabat est toujours occupé- depuis 15 jours – par des « militants » supposés être du clan Hamdi Ould Rachid, les choses se compliquent et rien n’est désormais sûr pour le congrès extraordinaire prévu pour le 29 avril. Il devait être reporté avant d’être confirmé, en attendant qu’il soit encore une fois reporté.
Alors que dimanche 26 mars, Hamdi Ould Rachid réunissait une grosse majorité des députés et conseillers istiqlaliens au parlement, mettant de facto le secrétaire général en minorité, après que la majorité des membres du Comité exécutif l’aient également désavoué, une polémique tourne autour d’un Conseil national extraordinaire convoqué par Chabat ce 15 avril.
Le 13 au soir, jeudi donc, une réunion de réconciliation avait eu lieu au domicile de Bouamar Taghouane, en présence d’Abdelouahed el Fassi, de Mohamed Soussi, d’Abdelkader el Kihel (représentant Chabat) et Hamdi Ould Rachid. Il avait été convenu de reporter le Conseil national, étant entendu que les différends opposant les chefs istiqlaliens étaient dépassés.
Un accord avait été signé par les personnes présentes à la réunion, stipulant entre autres que le Conseil allait être reporté, que le Congrès électif extraordinaire allait être tenu le 29 avril pour statuer sur l’article 91 portant sur la commission de préparation du parti et l’article 54 fixant les conditions de candidature au secrétariat général. Il a été question aussi de passer l’éponge sur les différends entre Chabat d’une part, Taoufiq Hjira, Yasmina Baddou et Karim Ghellab d’autre part, à charge pour ces trois derniers de présenter leurs excuses à leur secrétaire général. D’autres points ont été traités, comme la représentation des différentes régions au futur conseil national et au congrès et le reprise de la régularité des réunions du Comité excéutif.
Mais tout cela était conditionné par le report du Conseil national du 15. Or, Chabat avait publié un communiqué maintenant cette date, avant qu’un autre communiqué, mis en ligne sur le site de l’Istiqlal à une heure avancée de la nuit du 13 au 14, confirme le report du Conseil national du 15. C’est une bonne nouvelle car ce Conseil comportait le risque de basculer en bataille rangée entre les clans de Chabat et d’Ould Rachid, qui occupent le siège et que la justice administrative, saisie en référé par Chabat, a refusé d’évacuer les occupants par la force.
A l’écriture de ces lignes, le parti est toujours occupé, et le congrès est maintenu pour fin avril. Or, Nizar Baraka, candidat déclaré à la succession de Chabat, ne pourra pas déposer sa candidature tant que l’article 54 n’aura pas été amendé, car il oblige tout candidat à être membre du Comité exécutif lors du mandat écoulé. Quant à Hjira, Ghellab et Baddou, il existe fort peu de chances qu’ils acceptent de présenter leurs excuses à leur secrétaire général pour s’être dissociés du communiqué de soutien à ce dernier, publié après ses propos malheureux sur la Mauritanie, en fin d’année dernière.
Bref, les choses sont de plus en plus opaques dans un parti réputé soudé, supposé vertueux et dont les membres dirigeants, avant, ont toujours réglé leurs litiges derrière les hauts murs du siège. Mais ça, c’était avant, et aujourd’hui, avec Chabat, le parti ressemble de plus en plus à la personnalité de son chef et évoque également la légèreté des membres de son Comité exécutif, Hjira faisant exception…
AB