Des nouvelles d’Abdelilah Benkirane…

Des nouvelles d’Abdelilah Benkirane…

L’ancien chef du gouvernement est aussi actif que du temps où il dirigeait le gouvernement. Il commente, explique, attaque, sous-entend, comme avant. Et il aime toujours, et surtout, surprendre son monde. A  ceux qui le pensaient partant, Abdelilah Benkirane apporte un cinglant démenti, dans ses faits et gestes.

La démission du parlement. « L’ancien chef du gouvernement a voué sa vie à la politique, et il a atteint le sommet de ce que lui permet la constitution marocaine, la fonction de chef du gouvernement. Après avoir quitté la présidence, il est à la recherche de tout éclat qui lui permettra de rester sous les feux de la rampe. Ainsi peut-on expliquer sa brutale démission de son mandat parlementaire », explique un psychiatre de Rabat qui a demandé l’anonymat.

Cette démission a été plus ou moins bien acceptée par la population de sa ville de Salé. Les uns, les plus âgés, expliquent la décision par le fait que Benkirane n’a pas trouvé avec qui travailler, et qu’en renonçant à son mandat de député, il entend signifier son rejet de la pratique marocaine en politique.

Les autres, les plus jeunes, sont plus sévères, reprochant au secrétaire général du PJD de les avoir abandonnés, après leur avoir fait toutes sortes de promesses ; « en partant, Benkirane n’a pensé qu’à ses intérêts et à sa carrière. Pourquoi rester député, avec toutes les contraintes de la fonction, alors qu’il ne bénéficiera plus des avantages de la présidence du gouvernement ?». Tel est le message renvoyé par ces jeunes.

Benkirane et Yatim. Sur le plan partisan, les médias ont rapporté cette phrase curieuse d’Abdelilah Benkirane à l’adresse de l’ancien ministre du Budget Driss el Azami el Idrissi, maire de Fès : « Toi, tu es un enfant béni, car tu as refusé d’entrer au gouvernement ». Il n’en a pas fallu plus pour que d’autres, des soutiens inconditionnels de leur secrétaire général, qualifient Mohamed Yatim, le ministre de l’Emploi, d’ « enfant maudit ».

Ce dernier a publié un texte expliquant une « boutade » de Benkirane, quand ce dernier lui a lancé en pleine réunion avec les parlementaires du PJD que sa démission de la présidence de commission à la Chambre des représentants était prête et n’attendait que la signature. Certains y ont vu une attaque de Benkirane contre Yatim, reflétant l’amertume du premier contre le second, lequel second a expliqué qu’ainsi était Benkirane, spontané, réfléchissant à voix haute et sincère.

Sa révocation. Devant les parlementaires de son parti, qu’il a rencontrés séparément avec El Otmani Benkirane a expliqué que « ce qui est arrivé récemment sur la scène politique est un véritable séisme », une saillie commentée comme étant une référence à son départ et son remplacement par El Otmani, en plus de l’entrée de l’USFP au gouvernement. « Vous devez être loyaux à vos électeurs, et à rien d’autre ». Chacun interprétera cette sortie à sa façon…

Mais ce qui est déjà certain, c'est que l'encore secrétaire général du PJD fera tout pour se maintenir, ayant perdu la présidence du gouvernement et son mandat de député. Il compte bien continuer de peser sur la scène politique nationale, et sur le sort de son parti. On le disait rétif à tout changement des statuts du PJD  pour briguer un 3ème mandat, mais il a semble-t-il changé d'avis sur la question, car il n'a pas le comportement d'un dirigeant qui s'apprête à sortir.

AB



Articles Similaires





Les plus populaires de la semaine

Vidéos de la semaine





Newsletters

Nombre de visiteurs : 14070