ONU/Sahara, le Conseil de Sécurité va dans le sens d’une condamnation du Polisario ce jeudi 27 avril
C’est donc jeudi 27 avril que la résolution du Conseil de Sécurité pour la question du Sahara sera votée, et selon les premières indiscrétions, cette résolution sera sévère pour le Polisario, en raison du maintien de sa troupe dans la zone de Guergarate. Le projet de résolution devrait également recommander la reprise des négociations sur « une base sérieuse », en l’occurrence l’autonomie proposée, et mise en œuvre, par le Maroc.
Dans un point de presse, le représentant permanent de la France au CS François Delattre estime parler au nom des autres membres du Conseil en disant que la priorité absolue du Conseil est le retrait total des éléments armés du Polisario de la zone de Guergarate. Fin février, le roi Mohammed VI avait saisi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres sur le danger que représente la présence du Polisario dans cette zone tampon de 3,7 kilomètres, et l’a prié de mettre fin aux opérations de « contrôle » menaçantes, menées par les séparatistes sur les camions marocains.
Guterres avait immédiatement enjoint aux deux parties de se retirer de la zone, et le Maroc avait obtempéré le lendemain. Mais pas le Polisario. Le Conseil de Sécurité considère cela comme « un problème qu’il faut résoudre », pour reprendre les mots de François Delattre, au nom de ses pairs. La priorité est de revenir au processus politique.
En effet, selon le représentant français, « il est temps de regarder en avant et de relancer les négociations. C'est ce que nous voulons. Nous appuyons à cet égard la nouvelle dynamique positive que le Secrétaire général a proposée et nous appuyons pleinement les efforts d'Antonio Guterres à cet égard ».
Or, le rapport du Secrétaire général emploie des mots et expressions nouvelles comme « le cadre des efforts déployés depuis 2006 », c’est-à-dire la proposition marocaine d’autonomie, qui est une base sérieuse et crédible, comme le reconnaissent les membres du CS.
Il y a aussi cette mention sur les voisins algérien et mauritanien qui « peuvent et doivent » s’impliquer dans le processus. Dans ce rapport de Guterres, il n’est nulle part fait mention de référendum, ni du recensement des populations de Tindouf, prélude à toute opération référendaire.
En début de semaine, sentant les choses ne pas aller dans le sens des thèses de son groupe, le représentant du Polisario Ahmed Boukhari a déclaré que « l’ONU ne saurait être une agence commerciale du Maroc », en allusion à l’insistance de Guterres de voir se poursuivre les flux commerciaux entre le Maroc et son flanc sud. Les membres du CS apprécieront…
François Delattre a également parlé d’une « dynamique positive », ce qui, connaissant le soutien français au Maroc, ne peut aller que dans le sens de la proposition d’autonomie soumise par le Maroc voici dix ans déjà, et qui est aujourd’hui en pratique dans le cadre de la régionalisation avancée. « Il y a aujourd’hui une vraie dynamique positive au sein du Conseil de sécurité, une vraie convergence, et une unité croissante des membres du Conseil autour des lignes (…) que je viens d’esquisser », ce qui indique une confirmation de la lassitude des membres du CS face à cette affaire qui n'a que trop duré.
Concernant les droits de l’Homme, le Français refuse toute inclusion de cette question dans le mandat de la Minurso : « Il existe diverses façons de promouvoir les droits de l'homme de la manière la plus efficace », et en charger la Minurso n’est pas à l’ordre du jour.
Ainsi donc, et sans verser dans un optimisme débridé, on peut s’attendre à une résolution qui aille dans le sens du Maroc, lequel a démontré sa bonne foi, en multipliant les contacts avec l’ONU, en dépit de la crise de 2016, qui était une crise avec le Secrétaire général de l’époque, Ban Ki-moon. Le Maroc est dans son droit, et il semblerait aussi que la communauté internationale, tout en essayant de ménager tout le monde, s’achemine dans le sens voulu par Rabat.
Réponse jeudi, avec la nouvelle résolution. Il faudra s’intéresser à la position de la nouvelle administration américaine, mais aussi celles de la Russie et de la Chine, que de nouvelles relations lient au Maroc et qui sont membres permanents du Conseil de Sécurité.
Aziz Boucetta