Les Etats-Unis se prononcent clairement pour la solution marocaine au conflit du Sahara
Cela serait-il le début de la solution définitive à la question du Sahara ? Peut-être, quand on connaît l’influence des Etats-Unis sur ce qui se passe dans le vaste monde. La loi budgétaire américaine pour l’exercice 2017, promulguée par le président Donald Trump, reconnaît explicitement la souveraineté marocaine sur le Sahara et s’inquiète de la situation des réfugiés de Tindouf.
En effet, le Comité de la Chambre des représentants pour les affaires extérieures indique que « les fonds mis à disposition pour l'assistance au Maroc s’appliquent pour toute région ou territoire administré(s) par le Maroc, y compris le Sahara occidental. Le Comité souhaite que les fonds appuient les réformes démocratiques et le développement économique. Le Comité reste préoccupé par l’absence de solution à ce conflit de longue date au Sahara occidental et par la situation prolongée des réfugiés dans les camps administrés par le Polisario près de Tindouf, en Algérie. Le Comité estime que le secrétaire d'État devrait poursuivre dans la voie d’un règlement négocié du différend, conformément à la politique des États-Unis en faveur d'une solution sur la base d'une formule d'autonomie sous souveraineté marocaine. Ces efforts diplomatiques redoublés peuvent conduire à une approche réaliste et à un règlement durable du conflit. Le Comité encourage également l'Administration pour soutenir les investissements du secteur privé au Sahara occidental ». C’est on ne peut plus clair : la solution est l’administration du Sahara sous souveraineté marocaine, et dans le cadre d’une autonomie. En attendant, il faut investir dans la région…
Le Comité va plus loin, et fait mention de sa préoccupation face au prolongement de la situation des réfugiés dans les camps de Tindouf… Ainsi, « le Comité prie instamment le Secrétaire d’État de travailler avec le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et d'autres partenaires internationaux et gouvernements en vue d’effectuer un recensement dans les camps de réfugiés près de Tindouf, en Algérie, et de mettre à disposition des fonds nécessaires pour effectuer ce recensement. Le Comité ordonne au Secrétaire d’Etat de travailler avec le HCR et d'autres organismes partenaires et gouvernements pour chercher des solutions appropriées et durables, y compris en veillant à ce que ces réfugiés dans les camps près de Tindouf, en Algérie, souhaitant être rapatriés volontairement dans leur pays d'origine le soient. Le Comité note qu'il a précédemment soulevé des inquiétudes au sujet de la prolongation de la situation des réfugiés dans les camps. Le Secrétaire d’Etat doit fournir dans les 90 jours un rapport d’étape sur les mesures adoptées pour réaliser le recensement et pour trouver des solutions appropriées et durables au conflit ».
On se souvient que l’année passée, en juillet 2016, le gouvernement algérien avait signifié son irritation suite à la promulgation de ce rapport du Comité, arguant comme à son habitude qu’il n’est pas concerné par le recensement.
Or, les Algériens et le Polisario (ce qui revient au même) préconisent un référendum. Soit, mais alors il est nécessaire de procéder à un recensement préalable. Le refus du gouvernement d’Alger a fini par sensibiliser les Américains sur la nature du blocage du processus de règlement du conflit. En effet, face à ces refus répétés de recenser les populations de Tindouf, pour un hypothétique référendum et aussi pour les aides humanitaires, Rabat avait soumis son plan d’autonomie en 2007, puis l’avait mis en pratique quelque années après, avec la Régionalisation avancée, et le lancement de dizaines de projets de développement pour 7 milliards de dollars, dont la moitié a été engagée en 2016. Les Américains observent cela, et réagissent en conséquence.
L’administration Trump, plus pragmatique, ira-t-elle dans le sens d’une résolution définitive de la question du Sahara ? Cela en a tout l’air. Il faut attendre la réaction d’Alger pour examiner les meures qui seront prises par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui connaît bien la région et la nature du conflit, et par Washington.
Aziz Boucetta