Nasser Zefzafi à la prison d'Oukacha sur ordre du juge d’instruction
Huit jours après son arrestation à al Hoceima, le meneur de la contestation dans le Rif Nasser Zefzafi a comparu ce lundi en milieu de soirée devant le juge d’instruction chargé de l’enquête. Celui-ci a mené l’audition jusqu’à 2 heures du matin du mardi 6 juin, avant d’ordonner son mandat de dépôt à la prison d’Oukacha.
Nasser Zefzafi a rencontré dans l’après-midi du 5 juin le procureur général près la Cour d’appel de Casablanca Hassan Matar, qui lui a permis de retrouver ses parents durant une dizaine de minutes. Il l’a ensuite renvoyé devant le juge d’instruction auprès de la même juridiction.
Après quatre heures d’audition préliminaire, le juge a décidé de placer Nasser Zefzafi sous mandat de dépôt à la prison d’Oukacha, dans l’attente de l’ouverture de l’enquête de fond, dont aucune date n’a été précisée.
Rappelons que Nasser Zefzafi a comparu en compagnie de 6 autres personnes. Ils sont poursuivis collectivement pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, tentative d’homicide avec préméditation, incitation à la révolte et à la rébellion contre les institutions de l’Etat, attroupements non autorisés, réception de fonds de l’étranger… Ce n’est qu’à l’issue de l’enquête de fond que l’on saura les chefs d’inculpation qui pèsent sur chacun des prévenus.
Lors d’une rencontre avec ses avocats, qui ont rapporté ses propos, Zefzafi a déclaré qu’il avait été rudoyé après son arrestation à al Hoceima, « frappé, insulté et humilié », précisent ses avocats. A Casablanca, cependant, dans les locaux de la Brigade nationale de la police judiciaire où il est resté huit jours dans le cadre de la règlementation de la garde à vue, Zefzafi a affirmé avoir été traité dans le respect des procédures judiciaires. L’enquête devra établir la véracité de ces propos et, le cas échéant, définira les responsabilités de chacun, la police pour mauvais traitements ou Zefzafi pour fausse déclaration.