Un jeudi violent à al Hoceima (photos)

Un jeudi violent à al Hoceima (photos)

Ce 8 juin, la tension est encore montée d’un cran à al Hoceima. Alors que depuis le début du mois de ramadan, les manifestants se rassemblaient sur la place sidi Abed après les prières de tarawih, pour se séparer spontanément aux alentours de minuit, ce jeudi, des jeunes se sont brusquement retrouvés sur la place vers 17 heures ; la police les a dispersés. Des blessés sont à déplorer.

Quelques centaines d'habitants du quartier populaire de Sidi Abed ont bravé les cordons de policiers qui quadrillent les coins de rue, casques sur la tête et protégés derrière leur bouclier. Quand ces derniers ont reçu l’ordre de disperser les manifestants, plusieurs ont commencé à lancer des pierres sur les forces de l’ordre. Un policier a été assez sérieusement touché à la mâchoire et un jeune manifestant, dont la photo circule sur les réseaux, apparaît le visage ensanglanté.

Les affrontements ont pris fin vers 18h30, quand la police a réussi à disperser la foule des jeunes qui voulaient prendre le contrôle de la place Sidi Abed, mais les manifestants ont promis de revenir. D’ores et déjà, les commentaires incendiaires contre les forces de l’ordre affluent dans les réseaux, et l’élue locale (PJD) Souad Chikhi a publié un statut, avec la photo du jeune homme au visage en sang, reprenant à son compte, en s’adressant à la police, la fameuse phrase de Kaddhafi : « Qui êtes-vous ? » (Mane antoum ?)… « Où sont les sages passés ? Ou alors vous avez choisi de vous liguer avec les autres contre cette partie du Rif ! »…

Une source à la Direction générale de la Sûreté nationale s’est interro

gée sur le caractère réellement pacifique des manifestations, en montrant des images de jeunes hommes masqués, torses nus, amassés aux coins des rues et jetant en rafale des pierres sur les cordons de policiers chargés de les disperser… Des images inquiétantes, en effet.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Mustapha el Khalfi a déclaré que 86 personnes sont poursuivies dans le cadre des événements d’al Hoceima, 16 par la Cour d’appel de la ville et 32 par le tribunal de 1ère instance. A Casablanca, où se trouve la Brigade nationale de la Police judiciaire, 31 personnes sont incarcérées à la prison Oukacha et 7 sont poursuivies en liberté conditionnelle. Le ministre a répondu aux questions sur des cas de torture, expliquant que les personnes qui affirment avoir été torturées seront examinées par des médecins et une enquête sera ouverte, sur instructions royales.

 



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