Le Maroc offre ses bons offices dans la crise entre les pays du Golfe

Le Maroc offre ses bons offices dans la crise entre les pays du Golfe

Silencieux depuis une semaine, c’est-à-dire depuis le déclenchement de la crise entre le Qatar et les cinq autres nations du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), le ministère marocain des Affaires étrangères vient de publier un communiqué où il déroule la position du royaume, une position de neutralité engagée, pourrait-on dire, ou une position de « neutralité constructive », comme dit dans le communiqué…

« Depuis le déclenchement de cette crise, Sa Majesté le Roi Mohammed VI – que Dieu L’assiste – a maintenu un contact étroit et permanent  avec  les différentes parties », lit-on dans le communiqué de la diplomatie marocaine. On s’en doutait, sauf que maintenant, c’est officiellement dit. Tout au log de cette semaine, des rumeurs ont circulé sur une demande de médiation formulée par le Qatar à l’intention du Maroc.

Mais Rabat a fait montre de retenue, pour ne pas réagit à chaud : « le Royaume du Maroc a veillé à ne pas verser dans les déclarations publiques et les prises de position hâtives qui ne font que renforcer la discorde et approfondir les divergences ». Ainsi, explique le ministère marocain, le roi « a appelé l’ensemble des parties à faire preuve de retenue et de sagesse afin de faire baisser la tension, dépasser cette crise et régler définitivement les causes qui y ont conduit, conformément à l’esprit qui a toujours prévalu au sein du CCG ».

Mais le Maroc est bien conscient de son éloignement géographique et donc de sa non-implication directe. Rabat, qui entretient d’excellentes relations bilatérales avec les 6 pays du CCG, veut rester neutre, mais une neutralité constructive, et aussi « inquiète » : « le Maroc, fortement lié aux pays du Golfe dans tous les domaines, mais suffisamment éloigné géographiquement, se sent intimement concerné par cette crise, sans y être directement impliqué. Le Royaume privilégie une neutralité constructive, qui ne saurait le confiner à l’observation passive d’une escalade inquiétante entre des pays frères ».

En conséquence, fort de ses relations d’amitié avec chacune des deux parties, et « si les parties le souhaitent », le royaume se déclare «  disposé à offrir ses bons offices en vue favoriser un dialogue franc et global, sur la base de la non-ingérence dans les affaires intérieures, la lutte contre l’extrémisme religieux, la clarté dans les positions et la loyauté dans les engagements ».

Avec cette formule, le Maroc renvoie les parties dos à dos, mais affiche une certaine inclinaison aux thèses de Riyad et de ses alliés du Bahreïn, du Koweït et des Emirats Arabes Unis, qui reprochent à Doha son soutien à l’extrémisme religieux des Frères musulmans égyptiens ainsi que son manque de clarté dans ses engagements.

Le roi du Maroc attend donc qu’on le sollicite pour qu’il entreprenne une mission de bons offices, qu’il serait le seul, effectivement, à pouvoir mener pour sortir le Qatar de l’isolement diplomatique, économique et politique dans lequel l’Emirat se trouve depuis une semaine.

AB



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