L’Initiative pour le Rif donne ses conclusions pour une (rapide) sortie de crise
Voici une quinzaine de jours, une délégation de responsables de la société civile visitait al Hoceima pour tenter de trouver une issue à la crise qui y prévaut depuis 7 mois et qui s’est exacerbée depuis le 26 mai dernier avec l’arrestation de plus d’une centaine de personnes. Ce 15 juin, les membres de l’Initiative ont organisé une conférence de presse pour présenter leurs conclusions.
C’est Mohamed Neshnash, ancien président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme et coordinateur de l’Initiative qui est à la manœuvre. Il a affirmé que la situation qui règne depuis tous ces mois dans cette ville du nord marque une crise de confiance entre la population du Rif et les autorités, sachant qu’aujourd’hui, et plus encore que les revendications socio-économiques initiales, c’est la libération des détenus qui est réclamée en premier et en priorité pour restaurer la confiance.
Pour rappel, il y a deux groupes de détenus, ceux de Casablanca, incarcérés à la prison Oukacha et en attente de leur jugement pour des charges très lourdes, et les 32 d’al Hoceima, dont 25 ont été condamnés ce mercredi 14 juin à 18 mois ferme chacun.
Et Neshnash d’asséner que « le Maroc, qui a créé voici 15 ans une Instance Equité et Réconciliation, a su se réconcilier avec son passé, et il s’est montré clément et miséricordieux ; alors pourquoi ne le reste-t-il pas aujourd’hui encore en libérant ces jeunes qui n’ont fait que clamer leurs revendications d’une façon très pacifique ?».
Les membres de la délégation ont également assuré qu’en visitant al Hoceima et en s’entretenant avec sa population, ils n’ont remarqué aucune volonté, ou même velléité séparatiste ou irrédentiste. Ils protestent car leurs horizons sont fermés… Plus d’émigration, pas d’emploi et aucun espoir. Leur ville, ils la considèrent comme enclavée, quasi insulaire, et ils veulent la voir désenclavée, au moyen entre autres de la voie expresse reliant Taza à al Hoceima.
« Le fait même qu’il y ait autant de femmes aux côtés des hommes montrent une évolution de ces populations, désormais conscientes de leurs droits », explique Neshnash.
Plus encore, l’Initiative propose la création d’un centre de recherches Abdelkrim Khattabi, et le retour des cendres du leader de la guerre du Rif contre les colonisateurs espagnol et français, pour les inhumer dans sa terre natale, ainsi que le demandent les populations d’al Hoceima et de la région.
Aziz Boucetta