Le Roi met fin au calvaire des Syriens à la frontière avec l’Algérie
Le roi Mohammed VI a donné ce 20 juin ses instructions pour « procéder au traitement immédiat » de la situation des Syriens bloqués à la frontière avec l’Algérie. Depuis plusieurs semaines, les deux pays se renvoient la balle et la responsabilité de cette situation où quelques dizaines de réfugiés syriens se trouvent dans le no man’s land séparant le Maroc et l’Algérie.
Le communiqué dit, donc, qu’ « en vertu de considérations humanitaires et à titre exceptionnel; Sa Majesté le Roi, que Dieu L'assiste, a donné Ses Hautes Instructions aux autorités concernées à l’effet de procéder au traitement immédiat de la situation d’un groupe de 13 familles de nationalité Syrienne se trouvant depuis plusieurs semaines à la frontière Algéro-Marocaine ».
Le roi explique son geste éminemment humanitaire par la double considération de sa « politique migratoire et de la solidarité inhérente au mois de ramadan », raison également invoquée la semaine dernière pour l’envoi de vivres au Qatar assiégé par ses voisins. Mais Mohammed VI rappelle bien, à toute fin utile à l’intention de nos voisins, que « la mesure (est) à caractère exceptionnel (et) dictée par des valeurs humanistes ». Lire qu’il ne faut pas que les Algériens continuent ce « jeu » à l’avenir.
La cinquantaine de Syriens étaient arrivés à la frontière fin avril, et depuis, Rabat et Alger se livrent une guerre médiatico-diplomatique, sous les regards du monde. Alger avait alors accusé Rabat de faire de la surenchère politique au prix de la souffrance de réfugiés, et le Maroc de répondre que ces Syriens n’étaient pas arrivés à la frontière marocaine sans que les autorités algériennes n’en aient été informées.
Début juin, Alger avait annoncé son accord pour permettre aux réfugiés d’entrer en Algérie, en fait d’y retourner. Il semblerait, suite à la décision royale de ce mardi 20 juin, que soit les Syriens ne sont pas repartis en Algérie, soit qu’une partie seulement ait accepté de rebrousser chemin.
AB