Saadeddine El Otmani commence à communiquer

Saadeddine El Otmani commence à communiquer

Samedi 1er juillet au soir, deux jours après une autre allocution face à la presse, le chef du gouvernement a accordé un entretien télévisé aux deux chaînes al Oula et 2M, répondant aux questions des trois journalistes Samir Chaouki, Abdallah Tourabi et Fatema Baroudi. Saadeddine El Otmani  est revenu sur les grandes questions de l’heure, mais a-t-il été convaincant ?

L’homme est rationnel, peut-être trop. Il est mesuré dans son propos et cherche à convaincre, mais il n’est certainement pas encore rompu aux techniques de la communication. Point supplémentaire : il doit passer son message, dans le fond, et tenir la comparaison avec le charisme de son prédécesseur et rival Abdelilah Benkirane.

La moralisation de la vie publique. Il a expliqué que les élus ne sont pas au-dessus de la loi, et qu’ils doivent réponde de leurs actes, devant la justice et dans le cadre de la loi. Que cela soit pour la fausse rumeur des 170 millions de DH supposément trouvés dans le domicile d’un élu arrêté pour corruption, ou que cela soit pour le cas de l’ex-député Saïd Châou, El Otmani a loué le droit, la loi, la justice, mais s’en vraiment convaincre, ne réussissant pas à se départir de ce qui est à juste titre considéré comme la langue de bois de nos politiciens.

Al Hoceima. Sur sa réaction sur les tensions et agitations de la ville d’al Hoceima, le chef du gouvernement est revenu sur ces accusations de séparatisme lancées par certains partis de la majorité contre les manifestants. « C’était une erreur de les qualifier de séparatistes », a-t-il admis, avant de revenir sur la primauté du droit et de la justice pour se prononcer sur les événements enregistrés dans la ville du nord. Il a rappelé également le dernier Conseil des ministres présidé par le roi, le 25 juin, lors duquel le chef de l’Etat a donné ses instructions pour accélérer la réalisation des projets et des chantiers, rappelant que la commission d’enquête mise en place par le roi déterminera les responsabilités des uns et des autres.

Pour la libération des détenus, le message d’el Otmani est clair et limpide : 1/ la justice et indépendante, et elle se prononce selon les faits et le droit, en toute indépendance de l’appareil gouvernemental, 2/ il peut exister d’autres solutions, dans le cas d’un retour au calme, mais elels ne relèvent pas du gouvernement. En clair, les  manifestants violents et casseurs seront jugés et condamnés, mais ils pourraient être graciés.

Le PJD. Le chef du gouvernement reprend brièvement sa casquette de psychiatre : « Les tensions sont un élément de la vie, et les relations humaines sont toujours empreintes de conflits et de dissension, comme au sein d’un couple ». Il a donc reconnu ces tensions, mais a conclu sur le fait que tout se passe (plus ou moins) bien au sein du PJD, après la réunion houleuse du jeudi 29 juin. Le fait est que le secrétariat général du PJD compte 4 membres de plus, rééquilibrant ainsi les rapports de force entre El Otmani et Benkirane.



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