La DGSN dément formellement les accusations de tortures et de mauvais traitements à al Hoceima
Lundi 3 juillet, un document a circulé, avec en-tête du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), comprenant les rapports d’expertises médicales effectuées par des médecins légistes du Conseil sur la trentaine de personnes détenues en marge du Hirak d’al Hoceima. Les PV sont accablants, mais le CNDH a publié un communiqué affirmant qu’il ne s’agit pas de conclusions définitives. La DGSN a également publié un communiqué rejetant en bloc ces accusations de tortures et mauvais traitements infligés aux détenus d’al Hoceima.
« La Direction générale de la Sûreté nationale rejette catégoriquement les graves accusations et allégations portées contre ses services et ses fonctionnaires, rapportées par certains sur un ton affirmatif et catégorique, fondées sur un document prêté au CNDH et qui a fuité en dehors des circuits légaux dans ce qui peut être considéré comme un abus ».
La police réitère son engagement au droit, à la loi et aux procédures pénales internationalement reconnues, précise la DGSN, et refuse toute accusation portée sur la base d’un document non officiel qui ne lui a pas été soumis pour qu’elle y apporte ses réponses. La DGSN affirme attendre d’être saisie officiellement par l’organisme concerné, en l’occurrence le CNDH, pour répondre à tous les faits y inclus.
La police rappelle que ces accusations et conclusions « médicales et non médicales » se sont appuyées sur une partie seulement, les détenus, sans avoir consulté l’autre partie, à savoir entre autres la DGSN. Dans l’intervalle, celle-ci déplore l’instrumentalisation illégale de ce document fuité, essentiellement à l’étranger.
Cela étant, la DGSN rappelle que la torture étant un acte criminel, l’établissement de sa pratique relève de la justice, qui se prononce sur la base d’un certain nombre d’éléments, comme des certificats médicaux, des observations et vérifications, et sur l’intime conviction des juges. La police indique qu’elle se conformera aux conclusions judiciaires mais dans l’intervalle, elle demande à ce que l’organisme supposé avoir élaboré ledit document fuité, enquête sur les dessous de cette fuite.
La réaction de la DGSN est logique et elle était même attendue, car il est vrai que les accusations portées contre elles émanent d’une seule partie, les médecins légistes commis par le CNDH, sur la base de témoignages individuels, mais sans qu’elles ne fassent l’objet d’un rapport officiel du même CNDH. Ce dernier a également publié un communiqué affirmant que le document n’est aucunement un texte officiel ou un rapport dûment rédigé par ses services.
Attendons alors le rapport du CNDH, qui ne devrait pas tarder non plus, et la réponse de la police…
AB