Nasser Zefzafi adresse depuis sa cellule à Oukacha une lettre aux manifestants
Le meneur du Hirak d’al Hoceima Nasser Zefzafi est incarcéré à la prison d’Oukacha depuis un mois, en attente de comparaître devant le juge d’instruction pour répondre des faits qui lui sont reprochés et faire face aux lourdes accusations conséquences. Il a rédigé une lettre aux manifestants de sa ville, lyrique et appelant à préserver le caractère pacifique des marches.
« Toute personne qui jette une pierre sera considérée comme traître au Hirak et à ses détenus. Celui qui casse un verre n’est pas du Hirak. Celui qui revendique autre chose que nos revendications n’est pas du Hirak », prévient Zefzafi, qui a été arrêté le lundi 29 mai après avoir interrompu un prêche dans une mosquée d’al Hoceima le vendredi précédent.
En verve et inspiré, Zefzafi ne manque pas de tacler la justice et les autorités en affirmant ceci à ses partisans : « Je vous réaffirme notre innocence de toutes les accusations portées contre nous. Des accusations qui ne sont que fabrication et machination, et dont l’objectif désespéré est de faire taire la voix de la liberté qui s’est élevée depuis la mort du martyr Mouhsine Fikri ».
« Je vous renouvelle mes salutations chaleureuses depuis cette pièce sombre tout en espérant que vous trouverez dans ma détention votre liberté, dans ma mort votre vie, et dans ma défaite votre victoire », conclut Zefzafi dans sa lettre publiée par l’avocat Mohamed Ziane.