Nizar Baraka se lance dans le sprint final pour le leadership de l’Istiqlal
Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu cet appel… Il va parler, Nizar Baraka ! De fait, pour sa conférence de presse de candidature, le président du Conseil économique, social et environnemental Nizar Baraka a fait le plein des apparatchiks, cadres et sympathisants du parti de l’Istiqlal, en plus des médias, venus en nombre écouter la bonne parole de celui qui devrait, si tout se passe bien, succéder à Hamid Chabat dimanche 1er octobre.
Les caciques du parti étaient donc là, à l’image d’Abdelwahed el Fassi, Taoufiq Hjira, Mohamed Soussi, Mohamed Saâd Alami, Abdelhaq Tazi et d’autres, beaucoup d’autres, dans une grand-messe comme seul le parti de l’Istiqlal (avec le PJD) sait en organiser.
Et Baraka s’élance, avec quelque retard bien évidemment, vu l’ampleur du sujet et la grandeur du projet… Il présente son programme pour « un parti de l’Istiqlal acteur du changement démocratique », un programme décliné en 39 mesures et 5 objectifs pour la période 2017-2021, entre le 17ème congrès de cette semaine et le 18ème.
Quels sont les 5 objectifs que s’assigne l’ancien ministre des Affaires générales (2007-2011), puis de l’Economie et des Finances (2012-2013),président du CESE, et aussi petit-fils du patriarche Allal el Fassi ?
1/ Renforcer la réconciliation ;
2/ Promouvoir la pensée istiqlalienne en défendant ses institutions et son intégrité ;
3/ Consolider la démocratie au niveau national et au sein du parti ;
4/ Agir efficacement au service du militant et du citoyen et,
5/ Renforcer la position de l'Istiqlal au niveau du paysage politique.
Il est vrai qu’après 5 années
de chabatisme, le parti a besoin de redorer son blason, ayant perdu son lustre et son éclat. Mais la question est de savoir si Nizar Baraka est la personne idoine pour mener à bien cette mission. La réponse est incontestablement oui. Il reste l’autre question de la capacité du candidat à réunir autour de lui les différents courants du parti, et d’annoncer une unité retrouvée… La réponse est plus ardue.
L’idée maîtresse développée par Nizar Baraka, lors de sa longue allocution est reprise du corpus de son grand-père Allal el Fassi : « si nous ne croyons pas en nous, personne ne nous fera confiance ». Et c’est bien là le problème, de restaurer l’insolente confiance de l’Istiqlal en lui-même, celle-là même qui avait fait les grands jours des prédécesseurs de Chabat, Abbas el Fassi compris.
Il faudra que dès lundi prochain, Nizar Baraka, très certainement nouveau SG de l’Istiqlal, passe à la caisse, et rétribuer ceux de ses soutiens les plus marquants pour leur aide. Il faudra contenter la Sahraoui Hamdi Ould Rachid, satisfaire le Rifain Nouredine Mediane, faire plaisir à la famille soussie des Qayyouh, et trouver une place aux moyennement jeunes que sont les Hjira, Ghellab et Baddou. Sans compter qu’il faut également tenir compte des anciens du parti, comme Moulay Mhamed Khalifa.
Tout ce monde est à l’affût et tout ce monde ne se reconnait pas spécialement dans les grandes et fort belles envolées oratoires de Nizar Baraka.
Le gouvernement en ligne de mire ? On aura la réponse dans les quelques semaines, ou mois, à venir
Aziz Boucetta