Après Gibraltar, Dino Sebti traverse à la nage le Détroit de Bonifacio
Septembre 2016, Dino Sebti traversait le Détroit de Gibraltar et parcourait la distance de 22 km en 4h18 mn… « Trop facile », avait dit le nageur, qui s’est alors mis, avec ses compagnons aquatiques, à la recherche d’un challenge plus difficile. Alors la semaine dernière, il a traversé, toujours avec ses amis, le Détroit de Bonifacio, qui sépare la Corse de la Sardaigne.
« Moins facile », aurait pu dire l’athlète marocain de 51 ans, par ailleurs, patron de la société de production Sigma technologies. En effet, 5h51 mn de nage, dont 1h30 mn dans le noir total, des courants tenaces qui leur faisait faire du surplace et des méduses qui s’amusaient à piquer des corps d’athlètes bien faits, et donc succulents. Ce n’est jamais facile de faire ce genre de traversée à la nage, sans combinaison spéciale.
Dino Sebti (à droite sur la photo) est un grand garçon qui sait qu’il existe des bateaux pour traverser les détroits, mais l’athlète qu’il est veut relever les défis et repousser les limites du possible, rapprocher celles de l’impossible. C’est ce qu’il fait aussi à longueur de journée dans ses studios, mais comme il veut toujours plus, il fait donc plus…
C’est le but, l’objectif et la passion de ceux qu’on appelle les « open water swimmers », ou nageurs libres, c’est-à-dire sans distance prédéfinie, ou temps/record à battre. Ce sont des nageurs pour le plaisir de la performance, du relèvement du défi.
Et des défis, il y en a… car pour être homologué, il ne faut pas qu’il y ait de combinaison qui aide à la flottaison, ou qui assure une température confortable. Seuls les bonnets en silicone sont autorisés et, en cas de besoin, des combinaisons naturelles. Et aussi la gestion des frustrations… frustrations quand on nage et qu’on n’avance pas, pour cause de courants récalcitrants, ou de mirages qui montrent les côtes bien plus proches qu’elles ne le sont.
Dino Sebti et son compagnon de nage Pierre Weisbein savent tout cela, et pourtant, ils ont été soumis à rude épreuve, surtout quand ils ont été pris dans les courants dans le détroit de Bonifacio (ci-contre), qu’ils ont nagé une heure et demi sans avancer et que les organisateurs ne leur aient pas signalé la chose.
Fort bien, et maintenant, après Gibraltar et Bonifacio ? « Jamais deux sans trois, dit Dino Sebti, mais comme ces deux Détroits m’ont fait pousser une ou deux nageoires en plus, nous nous apprêtons mes co-équipiers et moi-même, à une troisième traversée. Mais je ne vous dirai pas laquelle, ni quand, ni où, car si on s’annonce avant, d’autres s’empresseront de le faire avant nous. Et c’est déjà arrivé » (rires)…
D’ici là, Dino Sebti va cultiver ses nageoires dans la lagune de Dakhla, pour le Morocco Swim Trek. 4 jours durant lesquels les nageurs venus du monde entier, parcourent 30 km à la nage dans l’Atlantique.
Aziz Boucetta