7 taximen casablancais agressent un conducteur, le prenant pour un chauffeur Uber !
Lundi 24 octobre, vers 22 heures, à Casablanca, Boulevard Zerktouni, près de Bourgogne, un homme (appelons-le Hamid) circule dans sa voiture, le plus paisiblement du monde. Une journée qui s’achève et notre homme entre chez lui quand, soudain, 7 voitures rouges l’encerclent et l’obligent à s’arrêter. En catastrophe. 7 hommes jaillissent des voitures rouges… des taxis. Ils s’en prennent alors au conducteur du véhicule, Hamid.
En cause, la longue, et de plus en plus dangereuse, animosité des chauffeurs de taxis contre la société Uber et ses conducteurs. Les 7 hommes sont agressifs, les insultes fusent, et la proximité physique des 7 gars avec Hamid se fait menaçante.
Mais, très opportunément, ce dernier est adepte des arts martiaux. Il enchaîne deux ou trois moulinets, se met en position de défense, voire d’attaque, et s’aide de paroles aussi viriles qu’abruptes, bien senties, que l’on ne reproduira pas ici… Pendant l’instant d’hésitation des 7 taximen, Hamid prend des photos de leurs voitures rouges, les envoie à un de ses amis par whatsapp, et en informe ses agresseurs, qui se sont fait plus menaçants quand ils ont vu scintiller les flashs de l’appareil. Subitement, l’un d’eux comprend la méprise et les gars commencent à se confondre en excuses… « Excuse-nous, nous pensions que tu étais un chauffeur Uber » !
Et si c’était un chauffeur Uber, cela leur donne-t-il le droit de le molester, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises, de plus en plus rapprochées ?
Hamid va alors déposer plainte au commissariat de police le plus proche, qui l’éconduit, avant qu’il n’aille voir des officiers, lesquels saisissent l’importance du problème et recueillent sa déposition.
Fait annexe : alors qu’il était devant le premier commissariat, Hamid avise une petite voiture de marque française qui arrive à tombeau ouvert, pour s’arrêter devant la porte du commissariat dans un grand crissement de pneus. Elle était poursuivie par les 7 voitures, qui ont finalement « eu » leur chauffeur Uber, car c’en était un.
Morales de l’histoire :
1/ Dans un Etat de droit, on ne se fait jamais justice soi-même ; il existe des institutions pour cela.
2/ Uber est une entreprise qui exerce légalement son activité, et dans le cas contraire, il appartient aux autorités publiques de mettre bon ordre à la situation.
3/ Les taximen sont de plus en marge de la loi… Jadis, ils se contentaient de racoler aux portes des gares. Plus récemment, ils ont décidé de boycotter le code de la route en ce qui concerne le port de la ceinture. Depuis quelques mois, ils multiplient les faits d’agression, en bande, contre les jeunes chauffeurs UBER. Où est l’Etat ?
4/ Aujourd’hui, ils agressent des conducteurs/trices au volant de leurs voitures, au motif qu’ils travaillent pour Uber.
Si rien n’est fait contre eux, et si l’Etat n’exerce pas ses fonctions régaliennes d’ordre public, les choses risquent de dégénérer. Un jour, l’opinion publique apprendra le décès d’un homme ou d’une femme, d’Uber ou non, dû à une agression de taximen déchaînés et convaincus de leur impunité. Un accident de la circulation est si vite arrivé, et un accident cardiaque aussi… quand on est poursuivi, traqué, acculé, coincé et menacé par plusieurs gars vociférant…
On attend donc les suites à donner par la police et la justice à la plainte de Hamid, qui nous a dit « faire la plus totale confiance à ces deux personnalités que sont Mohamed Abdennabaoui et Abdellatif Hammouchi » (respectivement chefs du parquet et de la police).
Aziz Boucetta