Le Roi reçoit Nizar Baraka, mais deux questions restent en suspens
Le roi Mohammed Vi a reçu jeudi 26 octobre à Rabat le secrétaire général du parti de l’Istiqlal Nizar Baraka après son élection samedi 7 octobre contre son challenger le secrétaire général sortant Hamid Chabat. Cette audience intervient en plein bouleversement politique après la révocation de 4 ministres, dont le secrétaire général du PPS Nabil Benabdallah.
Il est de coutume que le chef de l’Etat reçoive tout nouveau patron de parti et Nizar Baraka n’a pas dérogé à la règle. Mais il reste deux questions en suspens.
La première concerne l’homme. Nizar Baraka pourra-t-il demeurer président du Conseil économique, social et environnemental, fonction à laquelle il avait été nommé en août 2013 et dans laquelle il a montré son talent de gestionnaire intellectuel. Peut-on être, au Maroc, chef d’un parti et d’un organisme constitutionnel ? C’est la question à laquelle répondra le Roi, en maintenant Nizar Baraka en poste, ou en le remplaçant.
La seconde question est l’avenir de l’Istiqlal. En effet, après le limogeage de deux ministres PPS, dont le secrétaire général, et la réunion du Bureau politique de ce parti, laquelle a donné lieu à la convocation d’un Comité central extraordinaire, il est possible que le PPS bascule dans l’opposition. La majorité restera toutefois confortable pour le chef du gouvernement Saadeddine Eltomani (240 élus moins 12 du PPS, soit 228 alors que la majorité absolue est à 198 députés), mais cela laisserait « une place » à l’Istiqlal au sein de cette majorité. Mais est-ce raisonnable de propulser un parti de l’Istiqlal en pleine reconstruction à des fonctions gouvernementales ? Il faudra en outre attendre la tenue du Conseil national pour décider de la marche à suivre.
Il est encore trop tôt pour répondre à ces questions, mais la reconfiguration politique nationale est en marche. Forcée…
AB