Horst Koehler montre un certain optimisme devant le Conseil de sécurité, mais reste discret
Le nouvel envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental, l'ex-président allemand Horst Koehler, s'est dit « encouragé » mercredi après une réunion à huis clos du Conseil de sécurité à qui il a décrit sa première tournée dans la région. Mais en dehors de ce mot, il n’a pas dit grand-chose, un membre de son entourage ayant même lancé un « no comment » à la presse.
Pour l’instant, Horst Koehler dispose d’un certain « état de grâce ». Il est un diplomate chevronné, ancien chef d’Etat, ancien directeur général du FMI et fin connaisseur de l’Afrique. On lui laissera donc le temps de s’approprier la question du Sahara, d’en connaître tous les éléments historiques et diplomatiques. Quant à lui, après sa tournée régionale en octobre, il se donnera le temps de connaître toutes les parties prenantes. C‘est pour cela qu’il bénéficie du soutien du Conseil de sécurité, ainsi que l’a indiqué son président pour novembre, l'ambassadeur italien Sebastiano Cardi.
L’envoyé spécial de l’ONU, « sur ce sujet très complexe », a évoqué une « attitude constructive » des parties et « de bons sentiments ». Il a expliqué qu’il allait commencer le travail, mais sans donner aucune indication calendaire.
Selon un diplomate occidental, Horst Koehler a adopté une approche « très prudente », y compris devant le Conseil de sécurité. « Il n'est pas entré dans le fond et va probablement continuer à organiser des réunions informelles avec les parties au conflit », a-t-il estimé sous couvert d'anonymat.
Les protestations et attaques du représentant du Polisario à l’ONU Ahmed Boukhari en disent pourtant long sur la disposition des Algériens, et de leurs affidés sahraouis, à faire avancer les négociations. Boukhari a suggéré que si le Conseil de sécurité continue de s’aligner sur les positions de la France, Koehler connaîtra le même sort que ses prédécesseurs. Sauf que les paradigmes ont changé et que les priorités internationales sont autres, axées sur la sécurité, le développement durable, le co-développement économique et les migrations, autant de domaines où le Maroc excelle, toutes choses étant perfectibles par ailleurs.
Avec AFP